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Zimbabwe: des circoncis refusent le préservatif et contractent le SIDA

The Standard, le 10.11.2013

Des hommes circoncis contractent le VIH / SIDA après avoir renoncé à l’usage du préservatif, pensant, à tort, que la circoncision masculine les protège de la contamination.

>> Mieux comprendre la situation, (re)lire notre article : Circoncision et SIDA <<

Cette information survient alors que le Programme National de circoncision masculine du Zimbabwe se bat pour que la pertinence de la circoncision soit reconnue comme un outil efficace de prévention du SIDA dans le pays.

Les hommes sont encouragés à se faire circoncire pour lutter contre le VIH / SIDA

Panneau publicitaire incitant les hommes à se faire circoncire pour se protéger du VIH / SIDA (Zimbabwe)

Les prostituées qui ont témoigné la semaine dernière à The Standard ont affirmé que certains hommes circoncis n’utilisent plus de méthodes de protection, dont le préservatif, parce qu’ils pensent que le risque d’être infecté est très limité après avoir été circoncis.

Une des prostituées, qui se fait appeler Memory, a dit lors d’une réunion de l’UNFPA (United Nations Population Fund) à Bulawayo, que la majorité de ses clients circoncis refuse d’utiliser un préservatif.

« J’ai des problèmes avec les hommes circoncis parce qu’ils ne veulent pas utiliser de préservatifs. Ils disent toujours que, parce qu’ils ont été circoncis, ils n’ont pas besoin d’utiliser de préservatif, » dit Memory qui est dans une grossesse bien avancée et qui est aussi séropositive.

Memory dit que, même après avoir révélé son statut de séropositive, les hommes insistent pour coucher avec elle sans aucune forme de protection.

« J’ai même pris mes antirétroviraux en leur présence mais ils ne veulent rien savoir et, parce que j’ai une famille à nourrir, je cède à leurs exigences, » dit Memory.

Mais le coordinateur du programme national de circoncision masculine mené par le ministère de la Santé, Sinokuthemba Xaba, maintient que la circoncision réduit les risques d’infection d’au moins 60 % mais recommande avec insistance aux hommes de ne pas arrêter d’utiliser un préservatif.

Il a pris la défense du programme national de circoncision disant qu’il est dommage que certains se trompent en pensant être protégé par la circoncision.

« La circoncision masculine est un moyen efficace de diminuer la propagation du SIDA mais les hommes circoncis peuvent tout de même le contracter, » dit Sinokuthemba Xaba.

D’après l’enquête démographique et de santé 2010/2011 du Zimbabwe, 14 % des hommes circoncis entre 15 et 49 ans dans le pays sont atteints du VIH, [contre 12 % chez les non circoncis].

Des critiques ont été émises sur le fait que la circoncision masculine évitait une infection par le VIH de 60 %, disant que ce chiffre était « exagéré ».

Le préservatif est nécessaire pour se protéger du VIH / SIDA et autres IST

Tout homme, circoncis ou intact, doit utiliser un préservatif pour se protéger lui ainsi que son ou sa partenaire sexuel(le).

Pendant ce temps, l’intérêt de la population pour la circoncision masculine reste faible dans la plupart des provinces, enregistrant moins de 10 % de participation.

L’est du Mashonaland a le taux le plus bas avec seulement 5,4 %, la province de Masvingo 8 % alors que celle de Harare est à 8,5 %.

« Nous manquons de médecins pour procéder à l’intervention et, dans certaines régions, cela fait partie de croyances traditionnelles, » dit Sinokuthemba Xaba.

« Certains circonciseurs traditionnels veulent le faire eux-mêmes mais nous sommes intervenus dans ces cas-là. »

Sinokuthemba Xaba a dit que le ministère a collaboré récemment avec des circonciseurs traditionnels dans le district du Mwenezi, dans la province de Masvingo, où ils ont effectué plusieurs circoncisions sur des garçons originaires, pour la plupart, de la tribu Shangani.

La tribu Shangani est connue pour procéder depuis longtemps, par elle-même, à la circoncision, mais au fil des ans elle a donné son accord pour travailler avec le gouvernement.

« Le programme de circoncision masculine aura de nombreux bénéfices s’il est promu. Le taux de contamination du VIH pourrait diminuer jusqu’à 4,4 % d’ici à 2025, sans cette campagne, on anticipe un taux de 7,3 %, » a dit Sinokuthemba Xaba.

« Mais si le taux de circoncision masculine n’augmente pas, il faudra investir au moins 80,8 millions de dollars d’ici à 2025. »

Traduction française : Droit au Corps

Complément : en novembre 2012, Monsieur Xaba annonçait l’introduction de la circoncision néonatale afin d’accroître le nombre d’hommes circoncis dans le pays. Un individu peut donc être circoncis sans être à même de consentir si ses parents le veulent. Donc, comme on pouvait le redouter, les programmes de circoncision massive dans ces pays africains ne concernent plus seulement des hommes adultes (déjà victime de propagande) mais également des enfants, et risquent à terme de faire de la circoncision une norme sociale, comme aux États-Unis : les pères circoncis reproduisant l’acte sur leur fils avant tout parce qu’ils le sont eux-mêmes.

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