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Le prépuce : partie la plus sensible du pénis (étude)

Une étude américaine publiée en 2007 a montré que le gland du pénis circoncis est moins sensible que celui du pénis intact, mais aussi que la zone la plus sensible du pénis est située sur le prépuce. 

Cette étude, publiée dans le British Journal of Urology, a été dirigée par le docteur Morris Sorrells. En 2009, ce dernier a accordé un entretien vidéo à James Loewen, durant lequel il replace la circoncision dans le contexte américain avant d’expliquer la manière dont l’étude a été menée.

Voici la vidéo sous-titrée en français :

Consulter l’étude : Fine–touch pressure thresholds in the adult penis [PDF].

À lire également :

– Le prépuce, qu’est-ce que c’est au juste ?
Le prépuce est « l’unité sensorielle principale du pénis »

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

« La circoncision est un sujet dont il est difficile de parler car cela concerne les organes sexuels et pour le meilleur ou pour le pire, je pense que cette zone nous rend tous un peu fous.

Nous n’aimons pas vraiment en discuter ouvertement. C’est rare d’en entendre parler ouvertement, sauf lors d’une émission télé où il est facile de générer une controverse. Comme je l’ai dit auparavant, je ne pense pas que cela soit souhaitable.

Je pense que la circoncision, lorsque vous regardez les aspects psycho-sexuels, soulève une tout autre question, celle du contrôle de la sexualité. D’une certaine manière, c’est atténuer la sensibilité du pénis afin de contrôler la sexualité.

J’ai commencé à faire des recherches, commencé à comprendre comment [la circoncision] a commencé dans ce pays. Cela ne faisait pas partie de la culture jusqu’à la fin des années 1800. Cela a commencé en tant que remède pour la masturbation, tout simplement, ou pour punir les enfants de s’être masturbés. Tout est parti de là et une fois que ce fut débuté et établi, il y avait toujours une nouvelle raison qui survenait [pour justifier la circoncision], et lorsque cette nouvelle raison était discréditée, une autre émergeait. Nous nous étions fixé pour objectif de changer cela, mais c’était une tâche plutôt idéaliste et frustrante à cette époque.

J’ai eu cette idée, je crois que c’était moi, mais d’autres l’ont certainement eu. Nous avions la possibilité de mesurer la différence entre le pénis circoncis et le pénis non circoncis (ou intact). Et nous avons trouvé que notre idée de départ était juste, qu’en effet le prépuce est un organe sensible et que peut-être cela aiderait les personnes qui cherchent des raisons objectives de laisser leur(s) fils intact(s) (ou non circoncis). Il nous semblait que pour les personnes qui voulaient étudier cette question, peut-être que des faits objectifs, à supposer que nous puissions les établir, seraient utiles.

Auparavant, il y avait eu des articles. Le plus célèbre est probablement celui de Masters et Johnson qui fut je crois rédigé dans les années 1960. Ils rapportèrent qu’il n’y avait pas de différence entre le pénis circoncis et le pénis non circoncis, mais ils n’avaient pas réellement examiné le prépuce. C’était simplement un toucher avec le doigt, pas du tout objectif, et ils ont dit qu’il n’y avait pas de différence. Ce n’était pas vraiment une étude, ça relevait plus de l’observation, mais ce fut accepté comme quelque chose d’au moins vaguement scientifique.

Si vous voulez faire de la science, vous devez, autant que possible, mettre en place une étude qui peut vraiment démontrer que vous avez tort. Vous devez être aussi objectif que possible, disposé à examiner les preuves.

Donc nous avons mis en place une étude sur le « toucher fin », sur la sensibilité aux touchers très légers, avec des instruments que l’on utilise en neurologie pour mesurer la sensibilité tactile. Des monofilaments étaient appuyés sur la zone de test et le point de torsion servait d’indicateur. Nous avons utilisé ces monofilaments en choisissant d’abord le plus léger et en augmentant successivement, jusqu’à ce que le sujet ressente le toucher et ainsi nous avons testé un grand nombre de zones sur le pénis.

monofilament semmes weinstein mesure sensibilité

Un monofilament de Semmes-Weinstein.

Nous avons contrôlé la température de la pièce, la luminosité de la pièce, le nombre de personnes dans la pièce, il n’y avait pas de bavardage dans la pièce, les réponses aux questions étaient juste “oui”, “non” ou “peut-être”. Le sujet était vêtu aussi simplement que possible et il ne pouvait pas voir : il y avait un écran entre sa tête et son pénis afin qu’il ne puisse voir et que ça ne trouble pas son objectivité. Les sujets étaient allongés sur une table, de façon détendue, et nous leur donnions le temps pour se mettre à l’aise avant l’expérience. Voilà comment nous avons procédé.

Nous avons en fait testé 19 points de pression répartis sur différentes zones du pénis. Sur les pénis circoncis, il y en avait 6 de moins puisque évidemment il n’y avait pas de prépuce.

Etude Sorrells sensibilité pénis prépuce 2007

Cliquer sur l’image pour afficher la taille originale.

Voilà essentiellement comment l’étude fut mise en place. Quelqu’un était chargé de noter les résultats concernant chaque zone. Il y avait peu de personnes présentes : une infirmière assistait et tenait les instruments à disposition, le médecin faisait le test et une autre personne enregistrait les résultats. Si il y avait le moindre doute, nous recommencions après un nouveau calibrage.

Nous avons fait certains tests en double aveugle pour voir si nous obtenions les mêmes résultats à chaque fois. En fait, nous n’avons pas obtenu exactement les mêmes résultats, mais la proportionnalité de sensibilité était identique à chaque fois.

Le gland était plus sensible au toucher léger chez les personnes non circoncises que chez celles qui l’étaient. Cela est tout à fait logique parce que le pénis non circoncis est couvert la plupart du temps. Il reste dans un environnement relativement humide, tout comme l’intérieur de votre bouche est plus sensible que l’extérieur et plus sensible que l’extérieur de la lèvre, et vous pouvez mesurer cela. Donc ce n’était pas vraiment surprenant.

La chose vraiment intéressante s’est présentée lorsque nous avons organisé les statistiques. Il y avait de fortes variations car chaque personne diffère d’une autre en terme de sensibilité, mais quand on analyse les données, et nous avions des analystes statisticiens pour le faire, il est apparu que les zones les plus sensibles du pénis étaient sur le prépuce et que les zones les plus sensibles du pénis non circoncis étaient plus sensibles que les zones les plus sensibles du pénis circoncis. Donc non seulement le gland du pénis était moins sensible au toucher, mais la zone la plus sensible de toutes était la zone du prépuce (totalement absente chez l’homme circoncis) révélée quand le prépuce se replie sur lui-même en découvrant le gland. Cette zone était extrêmement sensible, plus sensible que n’importe quelle zone d’un pénis circoncis, statistiquement. C’était très intéressant.

Il y avait cinq zones sur le prépuce du pénis qui étaient plus sensibles que n’importe quelle zone sur le pénis circoncis. C’est vraiment une conclusion saisissante !

Nous avons souligné que cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de plaisir sexuel chez l’homme circoncis. Cela n’est clairement pas vrai. Nous ne suggérons rien de tel. Nous disons simplement qu’il y a une différence, qu’il s’agit d’une partie particulièrement sensible de l’anatomie pénienne.

La circoncision supprime définitivement la partie du pénis la plus sensible au toucher. »

Traduction et sous-titrage : Droit au Corps.

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