Vous êtes ici : Accueil > Conséquences de la circoncision > Circoncision : causes et conséquences psychologiques (vidéo)

Circoncision : causes et conséquences psychologiques (vidéo)

Gregory Boyle est un psychologue australien qui a effectué de nombreuses recherches dans des domaines tels que la psychométrie, la neuropsychologie, la psychologie clinique ou encore la psychologie de l’éducation. À travers son expérience personnelle, il s’est également beaucoup intéressé à la question de la circoncision non consentie.

Dans cet entretien vidéo réalisé en 2014 par James Loewen, le professeur Boyle prend fermement position contre la circoncision des enfants, revient sur sa propre expérience et nous fait part de ses observations sur certaines des causes et des conséquences psychologiques de la pratique.

 Plus d’informations sur le professeur Gregory Boyle : Biographie et publications

À lire également :

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

« Je suis devenu conscient des conséquences de la circoncision et de tout ce que cela signifiait à l’âge de 17 ans. Depuis ce moment – j’ai maintenant 64 ans – je sens que ma vie a été affectée négativement à travers un manque de confiance en moi et un stress psychologique chronique, notamment des niveaux d’anxiété extrêmement élevés dont j’ai souffert durant toute ma vie. J’attribue cela directement à l’impact sexuel négatif causé par la circoncision, que j’estime totalement injuste et injustifiée d’infliger à tout être humain.

Je suis farouchement opposé à la mutilation génitale des enfants. C’est un crime absolu, même si ça n’est pas illégal. En réalité, il s’agit d’un crime. C’est de l’abus sexuel d’enfant dans sa forme la plus sadique, parce que ça implique l’amputation de tissus érogènes du pénis. C’est une parodie de justice et il faut s’en occuper. Les gouvernements du monde doivent avoir le courage de s’élever et de prendre la parole contre cette atrocité.

En 1997, à l’âge de 47 ans, je suis tombé pour la première fois sur un site Internet traitant de la restauration du prépuce, simplement par accident. Ce fut pour moi une révélation absolue qu’il y ait la possibilité de corriger, au moins partiellement, les graves dégâts causés par la circoncision, ce que je n’avais jamais demandé au départ. Je sentais que ma vie intime avec ma femme était négativement impactée par la circoncision. C’était la première fois dans ma vie que je prenais conscience, à l’âge de 47 ans, qu’il y avait peut-être une possibilité de rectifier au moins une partie des dégâts. Cela a provoqué dans mon esprit une énorme prise de conscience sur la tragédie de ce problème et de la manière dont il impacte si négativement les gens, pas seulement leur vie personnelle, mais aussi leur vie sociale et professionnelle, etc.

Cela m’a ouvert les yeux sur cette cause et je suis donc devenu extrêmement actif. J’ai commencé à rechercher plus d’information et à apprendre sur l’ensemble du sujet d’un point de vue académique.

Dans ce processus, j’ai décidé d’agir concrètement. J’ai écrit de nombreuses lettres aux éditeurs de journaux, condamnant la maltraitance sur enfants qu’est la circoncision, qui en réalité est une opération diminuant la sexualité, n’ayons pas peur des mots. C’est de la chirurgie sexuelle handicapante. Et les personnes qui accomplissent cela savent très bien ce qu’elles font. Donc c’est une infraction criminelle absolue.

J’ai fait beaucoup d’actions directes pendant environ 10 ans. J’ai été interviewé à la radio et à la télévision. J’ai essayé de faire tout ce que j’ai pu pour remédier à cette maltraitance des enfants.

Mais j’ai découvert qu’en tant que voix isolée en Australie – il y avait d’autres personnes bien sûr, mais j’étais assez isolé là où j’étais, à Brisbane. En tant que voix isolée, j’ai trouvé que l’impact n’était pas vraiment satisfaisant, que cela avait l’air d’augmenter le niveau sonore, mais n’atteignait pas le résultat souhaité de mettre fin à ce type de maltraitance d’enfant. Donc j’ai décidé de recentrer mon attention, après environ 10 ans, sur l’écriture d’articles de journaux académiques et la conduite de recherches empiriques avec mes étudiants à l’Université de Bond. Le résultat a été la publication d’un nombre assez large d’articles de journaux à comité de lecture et beaucoup de ces études ont impliqué des échantillons de taille considérable.

Par exemple, une étude fut conduite aux Philippines sur 3500 garçons circoncis, comparant la circoncision rituelle appelée « tuli » à la circoncision médicalisée. Dans cette étude, tous les garçons qui étaient circoncis furent soumis au questionnaire de Watson portant sur le syndrome de stress post-traumatique. Nous avons trouvé que le taux de stress post-traumatique, mesuré quantitativement par le questionnaire, était supérieur à 50 % [Note de Droit au Corps : 51 %] chez les garçons circoncis par procédure médicale et, je crois, supérieur à 80 % [Note de Droit au Corps : 69 %] chez les garçons circoncis par la procédure du rituel tuli.

En tant que psychologue, je suis bien informé sur le fait que les expériences traumatiques durant la petite enfance ont un impact dévastateur sur le développement psychologique de l’enfant et de la personne, l’homme qu’il deviendra plus tard. Par exemple, si on regarde la théorie du développement psychosocial d’Erikson, on peut voir que durant la première année de la vie, le stade psychosocial essentiel est le développement d’un sens de confiance élémentaire contre un sens de méfiance élémentaire. C’est vraiment toute la logique du mouvement de naissance sans violence, la méthode d’accouchement Leboyer, pour faire venir au monde les enfants de manière non violente. Leur permettre d’avoir une chance optimale de développement de la personnalité et de développement psychologique. Et pourtant, on voit ce qui se passe dans de nombreux hôpitaux de par le monde, particulièrement aux États-Unis, où beaucoup de bébés, dans certains cas seulement quelques heures après qu’ils soient nés, sont circoncis par habitude. C’est une tragédie absolue de la justice. C’est un épisode traumatique absolu dans la vie de l’enfant.

Bébé en état de choc psychologique après avoir été circoncis

Bébé en état de choc psychologique après avoir été circoncis.

Très souvent, c’est réalisé sans anesthésie. Le fait de réaliser une amputation extrêmement douloureuse de la moitié du tissu pénien est extrêmement traumatisant pour l’enfant. Et même si l’enfant est à un stade de développement pré-verbal, ce trauma a néanmoins un effet néfaste sur son système nerveux et peut avoir des effets de longue durée, voire permanents, sur le développement de cet individu et de son système nerveux négativement touché. Donc c’est une tragédie, une parodie de justice.

L’expérience traumatique a souvent des impacts sur la vie de l’individu, même lorsqu’il devient adulte, de manières qui ne peuvent pas être énumérées, parce que le traumatisme a lieu à un stade de développement pré-verbal. C’est vraiment de la maltraitance d’enfants de la pire espèce.

Il y a pas mal de résistance de la part du grand public et dans la communauté médicale en ce qui concerne l’abolition de la circoncision des bébés et des enfants. La résistance apparaît, je pense, pour un certain nombre de raisons. La première est que la plupart des médecins qui effectuent des circoncisions d’enfants, du moins les hommes, sont en fait eux-mêmes circoncis. Il en résulte que pour gérer leur propre malheur, leur propre trauma, beaucoup de ces hommes semblent, d’un point de vue psychologique, être dans ce qu’on appelle une situation de déni. C’est l’un des mécanismes majeur de défense freudien. D’une part, le déni. Le déni d’un quelconque dégât occasionné par la circoncision, le déni que l’enfant ressent de la douleur en dépit de ses cris durant la procédure, le médecin ne le voit même pas, il ne l’entend pas, parce qu’il est en plein déni. D’autre part, la justification. Justifier qu’il y a des soi-disant bénéfices médicaux quand en réalité il y en a en fait très peu, voire aucun.

Il existe d’autres facteurs impliqués qui assurent la pérennisation de la circoncision infantile. Oui, en effet, les professionnels de santé ont un conflit d’intérêts très profond parce que, regardons les choses en face, cela leur rapporte de l’argent. Donc c’est très difficile pour beaucoup de ces médecins de refuser de l’argent facile. Vous savez, en faisant un nombre moyen de circoncisions dans l’année, il est tout à fait possible que le médecin ait l’argent pour se payer une nouvelle voiture Maserati, simplement en ayant effectué des circoncisions durant l’année, et ça peut s’ajouter à ses autres activités médicales. C’est une belle petite source de revenu supplémentaire pour de nombreux médecins qui effectuent cela, et par conséquent on peut voir qu’ils ont un profond conflit d’intérêts.

La circoncision forcée des bébés qui sont absolument non consentants et sans défense – ils ne peuvent pas se défendre – est en fait une fraude médicale. Il n’existe aucun bénéfice médical à la circoncision néonatale de routine, absolument aucun. Cela en dépit de certains activistes pro circoncision, dont beaucoup sont clairement en conflit d’intérêts puisqu’ils gagnent en fait de l’argent en exécutant ces procédures abusives. Malgré ce genre d’abus et malgré leur insistance sur de prétendus bénéfices médicaux, la réalité est qu’il n’existe aucun bénéfice médical à la circoncision néonatale.

Il y a certains individus qui promeuvent la circoncision de manière vraiment obsessionnelle. Ces personnes semblent assez irrationnelles dans leurs commentaires. Je dois dire que dans quelques cas au moins, certaines de ces personnes présentent une approche fétichiste de la circoncision et il se pourrait bien qu’ils aient une sorte de psychopathologie grave qui les rend incapables de se réfréner dans leur promotion sur ce sujet. Je pense que certaines de ces personnes sont sérieusement dérangées psychologiquement.

Parmi ceux qui utilisent une profession médicale ou leur appartenance religieuse pour promouvoir la circoncision, certains sont sans doute des individus bien intentionnés qui sont simplement mal informés.

D’un autre côté, on doit admettre, du point de vue de l’analyse psychologique, qu’il doit y avoir un sous groupe, certes petit, mais bien réel, d’individus gravement perturbés psychologiquement, qui pourraient bien être des pédophiles se dissimulant derrière un diplôme de médecine ou un mantra religieux.

J’ai ressenti très fortement le besoin d’essayer de protéger ces enfants innocents qui sont après tout sans défense. Personne n’a à être circoncis. Et pourtant, ils doivent vivre avec les effets psychologiques et sexuels négatifs pour le reste de leur vie, sans jamais pouvoir s’en défaire. Cela est une absurdité. C’est totalement injuste et inhumain d’infliger cela à un enfant non consentant et sans défense. Alors, tout cela me tenant très à coeur, j’ai tenté de m’élever pour les droits de l’enfant. J’ai tenté de dénoncer cette maltraitance des enfants.

Par conséquent, d’un point de vue personnel, il me semble que c’est un travail très important. Quelqu’un doit dire la vérité. »

Traduction et sous-titrage : Droit au Corps

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page