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Circoncision : un homme polynésien raconte sa prise de conscience

Aata (le prénom a été changé) est un homme de 29 ans né en Polynésie française, où la circoncision est un rituel très répandu. Il raconte sa prise de conscience concernant l’impact de la pratique sur sa vie sexuelle.

Drapeau de la Polynésie française

La circoncision est très répandue en Polynésie française.

Note : Les témoignages publiés par Droit au Corps ont été sélectionnés pour leur intérêt, même s’ils ne reflètent pas nécessairement les positions de l’association.

Témoignage

« Je tiens à témoigner sur le sujet de la circoncision encore méconnu et peu considéré en France. Sujet qui peut prêter à sourire et qui sans le savoir a dû bien gâcher une bonne partie de ma vie sexuelle comme beaucoup d’autres, sans que nous ne sachions pourquoi. Il m’aura bien fallu 14 années pour me rendre compte, un jour, par accident, sur internet. Que le sujet était bien plus sérieux et important que je ne le croyais.

Comme tout bon parent qui se respecte, les miens avaient cru bon de me faire circoncire à l’âge de 12 ans. « Par peur de maladie, ou d’infection, mais aussi par souci d’hygiène  » selon les dires de leurs amis, qui les avaient conseillés de le faire pour moi. Rendez-vous pris à l’hôpital, bien que sous anesthésiant, je sentais inconsciemment qu’une partie de moi m’était enlevé durant l’opération. Les résultats les mois suivants étaient flagrants et sans appel : perte de sensibilité du gland progressif, mais aussi une espèce de déconnexion physique avec mon propre corps. Les années ont suivi, avec l’idée que cela était tout à fait naturel.

Ma première expérience sexuelle qui s’est mélangée avec la phobie de me croire impuissant et complètement fou (avec le peu de sensation qui me restait). Bref, l’impression de penser que le problème venait de « moi ». Et que mon corps était « anormal ».

Une fois que j’ai compris que cette perte de sensibilité et de plaisir sexuel était directement liée à une mauvaise protection du gland, j’ai commencé avant tout par l’hydrater par petites touches (les body cream hydratant de Nivea sont très pratiques) et en faisant très attention à reformer un prépuce artificiel (sous vêtement en coton doux + Manhood, une petite protection qui protège la surface du pénis).

Deux années m’auront été nécessaires pour recouvrir une partie de cette intimité. Je sais que je ne pourrais jamais récupérer 100 % de ma sensibilité, mais avoir pris conscience de ce problème m’a enlevé une énorme épine du pied. Avoir agi par la suite m’a également beaucoup aidé dans mon estime personnel et permis d’avoir un regard plus « relâché » sur le sexe à deux, sans avoir ce besoin inhérent de passer par l’école du porno pour confondre plaisir et intimité. »

Nous remercions Aata pour son témoignage. Si comme lui vous souhaitez ajouter le votre, n’hésitez pas à nous contacter.

En plus, voici l’extrait d’un reportage sur la circoncision à Tahiti, célèbre île de la Polynésie française :

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