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Lettre ouverte aux autorités religieuses juives

Lettre ouverte aux autorités religieuses juives

7 mai 2019

Débat public sur les conditions du consentement à la circoncision

À l’attention du grand-rabbin de France, Haïm Korsia

Bonjour,

Droit au Corps vient d’adresser au gouvernement français l’Appel « Pour ouvrir un débat public sur les conditions du consentement à la circoncision ». Nous tenions à vous en informer au plus tôt. Nous croyons qu’il est dans l’intérêt de tous qu’un tel débat s’ouvre dans un climat apaisé et dans le cadre d’une éthique partagée qui donne la priorité à l’allègement de la souffrance dans le monde.

Compte tenu :

  • des perspectives ouvertes par le colloque sur l’avenir de la circoncision, organisé en 2015 par l’Association des Médecins Israélites de France et le Fonds Social Juif Unifié, et alors que la Bar Mitzvah se pratique à 13 ans ;
  • de la place de la circoncision dans l’islam, et alors que Ismaël avait 13 ans lors de sa circoncision biblique ;
  • des études reconnues par l’Organisation Mondiale de la Santé, selon lesquelles la circoncision réduirait le risque d’infection par le VIH de la femme vers l’homme en cas de pénétration vaginale, rendant discutable d’interdire cette option à des individus en âge d’avoir de telles relations, et alors qu’un nombre non négligeable de jeunes explorent ce type de relation à partir de 13 ans, selon les statistiques disponibles ;
  • qu’à partir de 13 ans, un jeune est jugé suffisamment responsable de ses actes pour être mis en prison (en France) ;

il nous semble que toutes les conditions sont réunies pour qu’un débat public sur les conditions du consentement à la circoncision permette de dégager un consensus entre toutes les parties, point d’équilibre susceptible d’alléger un maximum de souffrances.

Nous attirons votre attention sur le fait que cet appel cible le cas très spécifique de la circoncision des nouveau-nés, un âge où une anesthésie efficace implique un risque létal plus élevé. Nous vous prions d’appeler urgemment à mettre fin à une pratique religieuse particulièrement dommageable à cet âge, ce qui serait tout à votre honneur et ne remettrait nullement en cause le principe d’une circoncision retardée à l’âge du consentement, une pratique compatible avec le judaïsme et acceptable socialement.

Nous nous tenons à votre disposition pour tout approfondissement.

Bien cordialement,

Droit au Corps

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