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Une maman convainc son mari de ne pas faire circoncire leur enfant

Sophie (le prénom a été changé) est une maman belge mariée à un Camerounais. Ce dernier est circoncis et voulait que leur fils le soit aussi, mais Sophie s’y est fermement opposée. Elle nous a contactés pour nous demander de l’aide et a finalement réussi à faire changer d’avis son mari : leur fils restera intact !  Sophie a gentiment accepté de nous faire partager son témoignage. 

Une plume blanche

Image d’illustration.

Note : Les témoignages publiés par Droit au Corps ont été sélectionnés pour leur intérêt, même s’ils ne reflètent pas nécessairement les positions de l’association.

Témoignage

« Au Cameroun, la circoncision n’est pas une pratique religieuse, car elle est aussi répandue chez les chrétiens que chez les musulmans. Par contre, elle est fortement ancrée dans la culture : il faudrait passer par là pour être un homme.

Mais voilà, quand un Camerounais épouse une Belge et qu’ils ont un fils, la question se pose. Enfin, pour la maman la question se pose. Le papa, lui, aimerait balayer ça d’un revers de main en disant : « je le suis, il le sera. »

En tant que mère, cette idée d’apporter une modification irréversible au corps de mon fils sans son accord ne me convenait pas du tout. Pour moi, c’était nous octroyer sur son corps un droit que nous n’avons pas ! Ensuite, il y avait le concept de faire subir une opération chirurgicale sous anesthésie (générale avec certains médecins suivant l’âge de l’enfant) à une personne en bonne santé, là encore c’est une idée qui me répugne.

C’est là que le papa a commencé à réfléchir, car il a étudié un peu l’anesthésie et les produits utilisés, et il a commencé à mesurer les risques.

Ensuite j’ai discuté avec d’autres mamans, certaines africaines et d’autres européennes mariées avec des Africains. J’ai été assez surprise de leur acceptation générale de la circoncision comme étant une petite étape sans importance dans la vie de leur fils. Je n’ai pas pu partager leur point de vue.

Et puis j’ai abordé la question sur un forum généraliste consacré à l’enfance. Là j’ai aussi raisonné sur un argument : pour ce genre de décision importante, les deux parents doivent être d’accord. Donc comme je ne le suis pas, on ne le fait pas. Sauf que dans notre façon chrétienne de faire fonctionner notre famille, même si un mari doit prendre en compte l’avis de sa femme, la décision finale lui revient. Donc cet argument n’a pas eu beaucoup d’impact.

Sur ce même forum, j’ai trouvé un lien vers le site droitaucorps.com. Là j’ai pu obtenir plus d’informations scientifiques pertinentes sur les conséquences psychologiques et physiques de cette pratique.

Je pense que les informations sur les sensations sexuelles diminuées et le fait que même aux États-Unis une centaine d’enfants décèdent chaque année des suites de la circoncision ont fait fléchir mon Camerounais. Il a même été surpris d’apprendre qu’il était possible de restaurer le prépuce.

Je pense que le site droitaucorps.com est très utile et qu’il serait judicieux d’aller faire des campagnes d’information au Cameroun.

Il faut savoir que dans ce pays il y a une autre pratique dans certaines tribus, tout aussi inacceptable même si elle est infiniment moins répandue que la circoncision : certaines mères repassent les seins de leur toute jeune adolescente. Pour ces mères, c’est un moyen de protéger leur fille contre les regards des garçons qui peuvent amener grossesse précoce et maladies.

Repassage des seins

Pratique du repassage des seins.

Au lieu d’éduquer les garçons au respect des filles et d’éduquer les filles à se faire respecter, on préfère tenter de les rendre moins désirables. Bien sûr la jeune fille en sort mutilée, sans parler de la souffrance du traitement qui se répète, et cela n’est même pas efficace !

Je crois que dans beaucoup d’endroits du monde, il y a des pratiques ancestrales qui perdurent par manque d’informations. Il n’y a bien souvent aucune malveillance de la part des parents qui tiennent à ces pratiques, seulement ils n’ont pas conscience des risques et ils ne savent pas qu’il y a d’autres moyens pour protéger leurs enfants ou les mener vers l’âge adulte en leur donnant de la maturité. »

Merci à Sophie d’avoir partagé son témoignage. Si vous souhaitez en faire de même, n’hésitez pas à nous contacter.

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