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Mutilations sexuelles : bilan d’actualité de janvier 2015

Droit au Corps vous propose chaque mois un retour sur l’actualité concernant les mutilations sexuelles féminines, masculines et intersexes. Voici ce qu’il fallait retenir en ce mois de janvier 2015.

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Sommaire :

  1. Actualité concernant l’excision
  2. Actualité concernant la circoncision
  3. Actualité concernant les mutilations intersexes

Actualité concernant l’excision

France

Le 6 février, c’est la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Ne ratez pas notre récapitulatif des événements prévus à Paris ! Voir également le programme étendu aux autres régions de France sur le blog du GAMS.

Diaryatou Bah, présidente d’Espoirs et combats de femmes, qui organise le happening Non à l’excision ! vendredi à Paris, a été reçue par TV5 Monde (voir l’émission). Lire aussi son entretien accordé à Excision parlons-en.

Les 27 et 28 janvier a eu lieu à Paris la première consultation internationale sur la prise en charge des femmes excisées. L’événement a réuni des experts du domaine médical, juridique, ainsi que des acteurs sociaux, dans le but de faire un état des lieux des savoirs et pratiques en médecine, santé et sexualité concernant les mutilations sexuelles féminines.

Renseignements sur le site officiel : femmesexcisees-consultationparis2015.fr.

Hashtag ayant été utilisé sur Twitter : #confexcisionsantésexualité.

À lire sur Excision parlons-en ce mois-ci :

Belgique

La chaîne de télévision RTBF a consacré son émission Questions à la Une du 21 janvier à la question du viol et de l’excision.

Voici la partie dédiée à l’excision :

L’intégralité de l’émission est disponible sur le site de la RTBF.

Espagne

L’Espagne a adopté un nouveau plan de lutte pour lutter contre les mutilations sexuelles féminines. L’une des principales mesures consiste à ce que les personnes originaires de pays où ont lieu ces pratiques s’engagent par écrit à ne pas les faire subir à leur(s) fille(s) lors d’un voyage hors d’Espagne. Les pédiatres feront signer un document aux parents et, en cas de refus de ces derniers, ils alerteront la justice qui pourra alors décider de mesures de prévention. “Près de 17 000 filles courent le risque en Espagne d’être victimes de mutilation génitale”, d’après le ministère de la Santé (LaPresse.ca).

Royaume-Uni

Il s’agit du premier procès du genre au Royaume-Uni. Un médecin accusé d’avoir pratiqué une mutilation génitale sur une jeune femme qui venait d’accoucher à l’hôpital londonien dans lequel il officiait en 2012 est jugé depuis le 19 janvier à Londres (20minutes, plus d’informations dans cet article du Guardian).

Dans le même temps, les hôpitaux anglais ont rapporté près de 500 nouveaux cas de mutilation sexuelle féminine pour le mois de novembre dernier, soit une moyenne de 15 cas par jour (The Independent).

Enfin, le Collège royal des sages-femmes signale que les communautés pratiquant la mutilation sexuelle féminine ont commencé à changer leur manière de faire afin de garder une longueur d’avance sur ceux qui combattent la pratique (Evening Standard).

Afrique

Afrique de l’Est - Les dirigeants religieux kenyans font campagne contre l’intégration de la pratique des mutilations génitales des femmes (MGF) dans les hôpitaux. Cette ‘médicalisation’, qui part du désir d’améliorer les conditions dans lesquelles sont infligées les mutilations ne résout pas le problème de fond.”, (Lire l’article de laliberte.ch).

Égypte

Excellente nouvelle ! Après avoir été acquittés en première instance en novembre dernier, le médecin qui avait pratiqué une excision ayant provoqué la mort d’une adolescente ainsi que le père de cette dernière ont finalement été condamnés en appel ! Il s’agit d’une première dans ce pays où la pratique a été interdite en 2008 (France 24).

Une nouvelle campagne vidéo pour lutter contre l’excision a d’ailleurs fait son apparition ce mois-ci.

Kenya

Dans le cadre de sa campagne anti-MSF, le Guardian et des activistes locaux ont organisé une compétition artistique auprès d’enfants. Le but était de réaliser un poster qui a ensuite été exposé dans des lieux publics.

Actualité concernant la circoncision

Danemark

Une nouvelle étude dirigée par le docteur Morten Frisch suggère que les garçons qui subissent une circoncision pourraient courir un plus grand risque de développer une forme d’autisme. Les chercheurs expliquent que la douleur provoquée par l’opération pourrait être à l’origine de ce trouble du développement. Dans leur conclusion, ils appellent à des études de confirmation.

Norvège

Depuis le premier janvier, les hôpitaux publics sont légalement tenus de pratiquer une circoncision sans raison thérapeutique sur les bébés de parents qui en font la demande. Cette médicalisation de la pratique a pour but d’éviter que des circoncisions se fassent hors d’un établissement de soin, avec les risques que cela représentent. “Une majorité de médecins dans tout le pays, cependant, ont refusé d’effectuer l’opération qui fait souvent partie d’un rituel religieux, affirmant qu’elle est une procédure chirurgicale inutile sur des enfants par ailleurs en bonne santé.” (Lire la suite sur newsinenglish.no).

États-Unis

L’association Intact America a envoyé une lettre à près de 1000 cabinets d’urologues de l’état de Floride pour leur demander de ne pas circoncire Chase, ce petit garçon qui vit sous la menace d’une circoncision sur la demande de son père et contre l’avis de sa mère (voir notre bilan de novembre). La lettre a été cosignée par Attorneys for the Rights of the Child (Avocats pour les droits de l’enfant) et Doctors Opposing Circumcision (Médecins opposés à la circoncision).

L’affaire a été reprise dans de nombreux médias ce mois-ci, aux États-Unis bien sûr, mais également au Royaume-Uni. En France, seul le site Internet Magic Maman semble en avoir fait mention.

Kenya

Un homme de 39 ans a été circoncis de force devant des milliers de personnes après que sa femme ait révélé à la communauté qu’il n’avait jamais été circoncis (This Is Africa).

Le lendemain, la femme a déclaré à la chaîne KTN qu’elle n’avait jamais eu l’intention de trahir son mari et qu’elle avait seulement cherché à améliorer son mariage. Le mari a dit qu’il était maintenant prêt à commencer sa nouvelle vie avec sa femme (KTN - reportage vidéo).

Il n’est pas rare que des hommes adultes soient circoncis de force au Kenya : lire notre bilan d’actualité du mois d’août dernier.

Turquie

La justice turque a accordé [le 20 janvier] des dommages et intérêts d’un montant record à une famille dont l’enfant avait eu une partie du pénis sectionnée lors d’une cérémonie de circoncision de masse ratée, ont rapporté des médias turcs. Aux termes du jugement rendu par un tribunal de Batman (sud-est), le ministère turc de la Santé devra verser la somme de 600.000 livres turques (220.000 euros environ) aux parents de la victime, aujourd’hui âgée de 6 ans.”, (lire la suite sur 20minutes.fr).

Nouvelle-Zélande

Au moins huit jeunes garçons ont été hospitalisés pour des infections provoquées par des “circoncisions d’arrière-cour”, c’est-à-dire réalisées hors du milieu médical. Le docteur Maoate, président de la Pacific Medical Association, a déclaré à 3News que le coût de l’opération à l’hôpital, qui peut atteindre 2000 dollars, est le facteur déterminant qui amène les parents à opter pour une “circoncision d’arrière-cour”. Le ministère de la Santé travaille avec la police sur les options d’actions coercitives à prendre (article et reportage vidéo sur 3News).

Mutilations sexuelles intersexes

Les 21 et 22 janvier a eu lieu l’examen périodique de la Suisse au sujet de la Convention des Droits de l’Enfant de l’ONU. Pour la première fois, le Comité a abordé la question des Mutilations Génitales Intersexes (MGI) et a invité une organisation intersexe à s’exprimer durant un exposé d’une heure [PDF]. L’exposé a présenté un aperçu des MGI et de leur histoire, une perspective du point de vue des victimes et a parlé d’activisme intersexe, expliquant qu’il fallait reconnaître les MGI comme une pratique néfaste et développer un cadre global pour éliminer toutes les interventions électives non consenties. Tous les détails sur stop.genitalmutilation.org.

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