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Santé du pénis : hygiène, décalottage, phimosis*, circoncision

La diffusion des bonnes informations sur la santé du pénis auprès des professionnels, des parents et des jeunes, permettrait d’épargner de nombreuses souffrances et des dépenses totalement inutiles. Explications dans ce dossier.

* nous montrons dans la partie 5 que le terme phimosis doit être banni du vocabulaire médical

Sommaire

Introduction - Des souffrances et des coûts facilement évitables

Partie 1 - Développement normal du pénis : ce qu’il faut savoir

Partie 2 - Décalotter l’enfant : une mauvaise pratique à bannir

Partie 3 - Hygiène et bonnes pratiques

Partie 4 - Troubles de la santé du pénis : traitements alternatifs à la circoncision

Partie 5 - Faille de santé publique sur le pénis : histoire, état des lieux et perspectives

Conclusion - Libérer la science médicale de l’emprise nocive du religieux

Annexe 1 [à venir début novembre 2019]

Annexe 2 [à venir début novembre 2019]

Introduction - Des souffrances et des coûts facilement évitables

Beaucoup de parents se posent des questions sur la santé du pénis de leur petit garçon, telles que : « À quel âge le prépuce devient-il rétractable ? Faut-il oui ou non pratiquer le décalottage ? Et l’hygiène ? Quel traitement en cas de trouble ? »

Les réponses qu’ils trouvent auprès de leur médecin, des médias spécialisés ou de leur entourage, sont souvent imprécises voire erronées. Cela s’explique par une grande méconnaissance sur la santé du pénis, aussi bien au sein des réseaux de santé que du grand public.

Cette méconnaissance peut avoir de graves conséquences :

1 - Pour l’enfant, l’adolescent et l’adulte qu’il deviendra :

- souffrances lourdes, pour la vie entière, qui peuvent résulter d’une circoncision trop souvent réalisée à tort suite à un diagnostic erroné de « phimosis » ;

- traumatisme physique et psychologique suite au décalottage forcé effectué par un tiers (médecin, parent…) voire par le jeune lui-même sous la pression des adultes ;

- angoisse liée à la peur d‘être anormal, de subir un décalottage, une circoncision ou toute autre chirurgie.

2 - Pour les parents :

- angoisse liée à la peur que leur enfant soit anormal, qu’il souffre lors d’un décalottage ou d’une chirurgie ;

- culpabilité suite au décalottage ou à l’opération de leur enfant ;

- crainte de mal l’instruire sur son pénis.

3 - Pour les partenaires sexuel(le)s d’hommes circoncis :

- impact négatif sur la sexualité.

4 - Pour les professionnels de santé :

- culpabilité d’avoir recommandé ou effectué de mauvaises pratiques ;

- exposition à des poursuites judiciaires.

5 - Pour la société :

- dépenses de santé : consultations médicales et psychologiques, interventions médicales et chirurgicales, demandes de réparation, etc ;

- conflit au sein des familles sur l’attitude à adopter face au pénis de l’enfant ;

- perte de confiance dans les professionnels de santé.

La diffusion des bonnes informations auprès des acteurs concernés permettrait d’épargner de nombreuses souffrances et des dépenses totalement inutiles, en mettant notamment fin à la plupart des circoncisions encore prescrites à tort au début du XXIe siècle.

L’objectif de ce dossier est de répondre aux inquiétudes des parents et des jeunes, d’aider les professionnels de santé dans leur pratique, mais aussi d’obtenir la mise en place par les pouvoirs publics de campagnes de formation et d’information sur la santé du pénis, à destination des réseaux de santé et du grand public.

Nous présentons tout d’abord ce qu’il faut savoir sur le développement du pénis, avant de parler des mauvaises et des bonnes pratiques. Nous nous intéressons ensuite aux alternatives à la circoncision en cas de trouble de la santé du pénis. Enfin, nous montrons comment une telle faille de santé publique a pu advenir, avant de présenter la situation actuelle et les perspectives d’avenir.

1 - Développement normal du pénis : ce qu’il faut savoir

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> Résumé :

La science a montré que :

  • le prépuce est initialement fusionné au gland et la plupart des jeunes garçons ont un anneau préputial serré ;
  • de manière spontanée et progressive, le prépuce et le gland vont se séparer et l’anneau préputial va se relâcher ;
  • l’âge auquel le prépuce devient rétractable varie grandement selon les garçons : un prépuce non rétractable est la condition la plus fréquente avant l’adolescence.

2 - Décalotter l’enfant : une mauvaise pratique à bannir

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> Résumé :

Décalotter l’enfant est une mauvaise pratique : c’est inutile, dangereux et jamais nécessaire. Il est également inapproprié de faire pression sur l’enfant pour qu’il se décalotte.

La question du décalottage est une source d’angoisse pour les parents qui se retrouvent souvent avec des conseils imprécis voire erronés. Et même lorsqu’ils sont correctement informés, ils doivent encore rester vigilants vis-à-vis des personnes susceptibles de s’occuper de leur enfant.

Étant donné l’état des connaissances sur le développement du pénis, toute tentative de rétraction forcée du prépuce de la part d’un personnel de santé est une faute professionnelle. Droit au Corps reçoit chaque année des témoignages de parents dont l’enfant a été décalotté à tort par un professionnel de santé ou un membre de la famille. Ces parents sont en droit de porter plainte.

3 - Hygiène et bonnes pratiques

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> Résumé :

L’hygiène du pénis de l’enfant est simple : il suffit de rincer le pénis à l’eau claire tiède lors de la toilette habituelle, sans chercher à décalotter ou à laver sous le prépuce. Les produits nettoyants (savon, gel douche…) sont à proscrire car ils risquent de perturber la flore pénienne.

Le gonflement du prépuce lors de la miction, la présence de smegma sous le prépuce, le fait que l’enfant joue avec son pénis ou encore que son prépuce soit long et/ou étroit sont des phénomènes normaux. Les parents ne doivent pas s’en inquiéter.

Lorsque l’enfant est en âge de comprendre, les parents peuvent répondre à ses interrogations concernant son sexe (apparence, fonctionnement, etc) en l’orientant vers la documentation adaptée à son âge. L’école doit également assurer ce rôle.

4 - Troubles de la santé du pénis : traitements alternatifs à la circoncision

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> Résumé :

Au XXe siècle, il était courant pour les médecins de recommander trop facilement la circoncision, dans un contexte où le prépuce était déconsidéré et son ablation banalisée.

Au XXIe siècle, il ne peut plus être ignoré que la circoncision peut engendrer des souffrances lourdes, pour la vie entière. L’option radicale qu’est l’ablation du prépuce doit être considérée seulement en ultime recours. Une gamme de traitements bien moins invasifs, dommageables et coûteux doit être considérée en première intention.

Les mauvaises pratiques sont à l’origine de biens des troubles de la santé du pénis. En particulier, le décalottage par un tiers peut provoquer des infections voire endommager le prépuce au point de rendre une chirurgie nécessaire.

La science a révélé que la circoncision n’était médicalement nécessaire pour l’enfant que dans l’unique cas d’une rare maladie de peau (BXO/LSA) et seulement si les traitements plus légers avaient échoué, mais la découverte de nouveaux traitements, comme une technique de préputioplastie présentée par des chercheurs français en 2015, laisse penser que la circoncision ne serait plus jamais médicalement nécessaire chez l’enfant.

L’ablation du prépuce réalisée sans raison médicale sur un patient incapable de donner un consentement libre et éclairé est contraire à l’éthique médicale. Les professionnels de santé doivent refuser de participer à de telles opérations, lesquelles peuvent aussi les impacter négativement.

5 - Faille de santé publique sur le pénis : histoire, état des lieux et perspectives

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> Résumé :

Les mauvaises pratiques en matière de santé du pénis ont une origine religieuse : la phobie de la masturbation. Une fois le mouvement engagé, des professionnels de santé culturellement biaisés ont trouvé toutes sortes d’alibis médicaux infondés et sans cesse renouvelés qui ont assuré la reproduction de ces pratiques jusqu’à nos jours. Au début du XXe siècle, on assiste à une généralisation du décalottage forcé et de la circoncision de routine dans les pays anglo-saxons.

Puis une étude de 1949 a montré qu’un prépuce non rétractable est normal à la naissance, mais s’est trompée en recommandant de forcer le décalottage à partir de 3 ans. C’est de là que vient l’assertion fausse selon laquelle le prépuce doit être rétractable « entre 3 et 5 ans » : les études ultérieures ont montré qu’un prépuce non rétractable est la condition la plus fréquente avant l’adolescence.

En ce début de XXIe siècle, comble d’une absurdité qui dure depuis des décennies, d’innombrables garçons sains sont blessés par des professionnels de santé parce que leur prépuce n’est pas rétractable à l’âge de 3 ou 5 ans : ils subissent toutes sortes d’interventions inutiles et gravement dommageables allant du décalottage forcé jusqu’à l’ablation radicale du prépuce, payant au prix fort les biais idéologiques du passé.

Si la situation est catastrophique aux États-Unis, elle est également alarmante en Europe, comme le prouve l’Observatoire de la désinformation et des mauvaises pratiques en matière de santé du pénis.

Le mot « phimosis » est souvent utilisé à tort pour décrire un état normal de non rétractabilité du prépuce. Cette confusion entraîne des diagnostics erronés et peut servir d’alibi à la circoncision. Dans un pays comme la France, c’est un coût social considérable et totalement injustifié actuellement, qui pourrait être épargné.

Des actions doivent être engagées pour clore cette faille de santé publique, à commencer par un véritable plan de formation sur la santé du pénis.

Conclusion - Libérer la science médicale de l’emprise nocive du religieux

Un développement sain du pénis de l’enfant ne nécessite aucune intervention particulière. La science a montré que le processus spontané et progressif de séparation du prépuce et son élargissement, permettant de découvrir le gland, peut durer jusqu’à la fin de l’adolescence. Il n’y a pas à s’en inquiéter.

Tenter de décalotter un enfant est inutile et dangereux : cela peut le blesser physiquement et psychologiquement, et mener à des complications de long terme.

L’hygiène du pénis est simple, il suffit de rincer à l’eau claire et tiède la surface apparente du pénis.

En cas de trouble de la santé du pénis, phénomène rare en l’absence de mauvaises pratiques, circoncire l’enfant n’est jamais nécessaire en première intention. Il existe toute une gamme de traitements évitant cette ablation radicale et irréversible du prépuce, une des zones des plus sensibles et érogènes chez l’homme, qui joue un rôle crucial et irremplaçable dans la sexualité. Plus révolutionnaire encore, l’état de la science laisse penser que la circoncision ne serait dorénavant jamais médicalement nécessaire chez l’enfant.

L’ampleur des mauvaises pratiques en matière de santé du pénis, au début du XXIe siècle, est stupéfiante et difficile à admettre compte tenu des avancées prodigieuses de la médecine sur d’autres fronts. Sans même que la société en soit consciente, des enfants sont blessés chaque jour par des proches ou des professionnels, du fait de la méconnaissance ambiante en matière de santé du pénis. Cela entraîne un coût social considérable et totalement injustifié.

Quelle est l’origine de cette faille de santé publique ? C’est la phobie religieuse de la masturbation, qui découle de l’idéologie de reproduction.

Comment refermer cette faille béante ? Nous recommandons aux pouvoirs publics et aux autorités sanitaires de :

lancer un plan de formation des professionnels et d’information du grand public ;
- réformer les conditions du consentement à la circoncision ;
- mettre fin au remboursement de la circoncision par les assurances de santé ;
- bannir le terme de « phimosis » qui porte à confusion depuis trop longtemps ;
- supprimer le contenu erroné des codes CIM-10 N47 et CIM-11 GB05 de la Classification Internationale des Maladie établie par l’OMS, qui traitent de « phimosis » ;
- à titre conservatoire et urgemment, imposer l’obligation d’une anesthésie efficace pour les nouveau-nés.

Libérer la science médicale de l’emprise nocive du religieux n’est pas qu’une exigence de service public, c’est avant tout dans l’intérêt des enfants. Tergiverser augmenterait une somme déjà vertigineuse de souffrances et de coûts méconnus.

*

Droit au Corps invite toute personne qui souhaite réagir ou témoigner à prendre contact.

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