Le 16 mars 2026, Oliver, circoncis quelques jours après sa naissance pour des raisons religieuses liées aux convictions de son père juif, a témoigné devant l’Organisation des Nations unies (ONU). Il a évoqué son mal-être et plaidé pour la protection des enfants.
Son témoignage a été diffusé lors d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Cela a été rendu possible grâce à la National Secular Society (NSS), organisation britannique qui promeut la laïcité et les droits humains.
Voici la vidéo du témoignage :
À notre connaissance, et en l’absence de précédent documenté, c’est la première fois qu’une victime de circoncision masculine témoigne devant l’ONU pour dénoncer cette pratique.
Le Dr Alejandro Sanchez, responsable des droits humains à la NSS, a déclaré :
« Nous saluons Oliver pour son témoignage courageux et percutant. Il explique avec force en quoi les circoncisions non thérapeutiques constituent une violation du droit de l’enfant à l’autonomie corporelle et à la liberté de religion ou de conviction.
Les organisations de défense des droits humains, les gouvernements et le corps médical ne peuvent plus fermer les yeux sur cette pratique néfaste. Les décisions concernant la circoncision doivent être reportées jusqu’à ce que la personne soit en âge de décider par elle-même, en fonction de ses propres valeurs. »
En mars 2025, lors de la 58e session du Conseil des droits de l’homme, la NSS avait appelé l’ONU à protéger les garçons contre la circoncision, la qualifiant de pratique « douloureuse, dangereuse et irréversible », en « totale contradiction » avec les principes fondamentaux des droits de l’enfant. Malgré les interventions d’experts et de rapporteurs sur la protection de l’enfance, aucun orateur n’avait évoqué la circoncision ni répondu à son appel.
Droit au Corps espère que la diffusion d’un tel témoignage lors d’une session du Conseil des droits de l’homme permettra d’ouvrir le débat, de libérer la parole et d’amener l’ONU ainsi que d’autres institutions à s’intéresser à ce qui constitue une violation manifeste des droits de l’enfant.
Traduction du témoignage d’Oliver
« Monsieur le Président,
Je m’appelle Oliver et, en raison des convictions religieuses de mon père, j’ai subi une chirurgie pour retirer une partie saine de mon corps quelques jours seulement après ma naissance. Il n’y avait aucune raison médicale et je n’avais aucun moyen de consentir.
La circoncision est tout sauf anodine lorsqu’elle n’est pas souhaitée. Le prépuce est un tissu précieux, avec des fonctions protectrices et sensorielles. Conscient de cette perte physique, j’ai grandi en éprouvant un profond malaise vis-à-vis de mon corps.
Le plaisir est diminué, et je vis avec une cicatrice intime dont je me souviens chaque fois que je vais aux toilettes.
Il ne s’agit pas seulement de la perte physique, mais aussi du préjudice psychologique lié au fait qu’une décision irréversible concernant mon corps et mon identité religieuse a été prise avant même que je puisse m’exprimer.
La circoncision a détruit ma relation avec mon père et sa foi. J’ai eu un profond sentiment de trahison en réalisant que les personnes censées me protéger ont autorisé un préjudice irréversible.
Mes parents souffrent énormément eux aussi, en sachant la douleur qu’ils ont causée à leur fils.
Circoncire un homme sans son consentement ne saurait jamais être justifié. Mais c’est exactement ce qu’est la circoncision infantile : quand on circoncit le garçon, on circoncit l’homme qu’il deviendra.
Mon droit à l’intégrité corporelle a été bafoué. En tant qu’enfant exposé à une chirurgie irréversible et non thérapeutique, mon droit à la protection contre les traitements dégradants n’a pas été respecté, et mon droit de choisir mes propres croyances religieuses a été prédéterminé.
La religion peut être belle lorsqu’elle est choisie, mais la véritable liberté religieuse doit inclure la liberté de ne pas se voir inscrire des croyances sur son corps sans son consentement. »
