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Troubles de la santé du pénis : traitements alternatifs à la circoncision

Le pénis peut être affecté par différents troubles de la santé pour lesquels la posthectomie (circoncision pour raison médicale) est trop souvent recommandée. Il existe pourtant une gamme de traitements bien moins invasifs, dommageables et coûteux que l’ablation radicale du prépuce.

Avertissement : cet article traite uniquement des troubles urologiques pour lesquels la circoncision est encore recommandée par certains professionnels de santé au début du XXIe siècle.

Note : cet article fait partie du dossier « Santé du pénis »

Sommaire

1. Balanite, posthite et balanoposthite
2. Infection urinaire
3. Paraphimosis
4. Sténose préputiale (phimosis)
5. XXIe siècle : la circoncision plus jamais nécessaire médicalement chez l’enfant ?
6. Troubles de la santé du pénis à l’âge adulte
7. Circoncision et éthique médicale
8. La circoncision blesse aussi les professionnels de santé
9. Que faire si mon fils a été circoncis ?
10. Résumé
11. Références

Balanite, posthite et balanoposthite

Définition

Une balanite est une inflammation du gland, une posthite une inflammation du prépuce. Dans la pratique, les deux zones sont souvent affectées simultanément et on parle alors de balanoposthite. [1]

Causes :

- irritation mécanique (frottement) ou chimique (p. ex. : couche souillée, savon, produits chimiques de piscine) ;
- infection bactérienne, fongique, virale ou parasitaire ;
- des maladies de la peau. [1-3]

Les causes les plus fréquentes sont les infections fongiques et les irritations chimiques. [3]

La mauvaise pratique qu’est le décalottage forcé peut aussi être responsable d’inflammation du prépuce ou du gland chez l’enfant. [4]

Symptômes possibles :

- taches rouges ou blanches ;
- ulcérations ;
- gonflement ;
- écoulement au niveau du méat urinaire ;
- odeur inhabituelle ;
- démangeaisons, inconfort voire douleurs ;
- rarement : difficultés à uriner. [1, 3]

Diagnostic

La cause de l’inflammation doit être soigneusement identifiée pour prescrire un traitement adapté. [4] Un bilan complet peut nécessiter une analyse d’urine, des cultures et une biopsie. [5]

Traitement

Lorsque l’inflammation est d’origine mécanique ou chimique, il faut stopper l’exposition aux éléments irritants [3] ; un émollient peut être appliqué. [1]

En cas d’infection : antifongique, antibiotique ou antiparasitaire. [1,3]

En cas de maladie de la peau : application d’une crème aux stéroïdes. [1]

Dans la Ligne directrice européenne 2013 pour la prise en charge de la balanoposthite, [1] la doctoresse Sarah Edwards et son équipe considèrent la posthectomie comme une option dans les cas suivants uniquement :

- lichen scléreux et lichen plan : l’application de stéroïdes topiques est le traitement recommandé en première intention, la posthectomie n’est indiquée qu’en cas d’échec ;
- balanoposthite non spécifique : balanoposthite d’origine inconnue et résistante aux traitements topiques et oraux ;
- balanite de Zoon (ne concerne que les hommes d’un certain âge). Des préparations topiques de stéroïdes et un traitement au laser sont d’autres options.

En cas de balanite ou de posthite, la circoncision n’est donc jamais un traitement de première intention chez l’enfant. [1] De plus, une étude de 2015 induit que la circoncision ne serait plus jamais médicalement nécessaire chez l’enfant.

Prévention

Chez l’enfant : ne pas décalotter ni nettoyer sous le prépuce, éviter le savon sur le pénis ainsi que les bains moussants ; un rinçage du pénis à l’eau claire et tiède suffit (voir partie 3). [4]

Chez l’adulte : lors de la toilette, décalotter le pénis et rincer à l’eau claire. Le savon ou le gel douche sont déconseillés. Si vous souhaitez en utiliser, favorisez des produits avec un pH neutre (voir partie 3). [3,4]

À tout âge : éviter les matières qui peuvent irriter la peau et retenir la transpiration, ce qui favorise la prolifération de microbes. [6]

Le cas de la balanite xérotique oblitérante (BXO) / lichen scléro-atrophique (LSA)

La balanite xérotique oblitérante (BXO) ou lichen scléro-atrophique (LSA), est une maladie de peau d’origine inconnue qui touche principalement les zones génitales de l’homme et de la femme. [7,8]

Chez l’homme, une BXO/LSA se distingue par des taches blanches sur le gland et souvent sur le prépuce. [1]

balanite xerotique obliterante lichen sclero atrophique penis

Les complications possibles de la BXO/LSA sont notamment une sténose préputiale, une sténose urétrale et, chez l’adulte, un carcinome épidermoïde. [1,5]

La BXO/LSA était autrefois considérée comme une indication absolue pour la circoncision, mais ce n’est plus le cas depuis le début du XXIe siècle : le traitement de première intention est à présent l’application de crèmes aux stéroïdes. [1,5,7] D’autres traitements montrant une certaine efficacité sont les immunomodulateurs topiques et le laser au dioxyde de carbone. [5]

Pour les professionnels

Pour plus d’information, les professionnels de santé peuvent se référer au document suivant : 2013 European guideline for the management of balanoposthitis.

Infection urinaire

Définition

Infection bactérienne des voies urinaires :

- basses : affecte la vessie (cystite), l’urètre (urétrite), la prostate (prostatite), l’épididyme (épididymite) ;
- hautes : affecte les reins (pyélonéphrite). [9]

Causes

La plupart des infections urinaires sont causées par une bactérie intestinale, l’Escherichia coli. [10] Les femmes sont plus sujettes aux infections urinaires en raison de la proximité du méat urétral et de l’anus, et d’un urètre plus court. [11]

Chez les garçons, la mauvaise pratique qu’est le décalottage forcé favorise l’entrée de bactéries et peut entraîner une infection urinaire. [12,13]

Chez l’homme jeune, les infections urinaires sont rares et plus fréquemment causées par des bactéries sexuellement transmissibles. [14] Chez l’homme à partir de 50 ans, l’hypertrophie bénigne de la prostate (grossissement naturel de la prostate) peut entraîner une difficulté à vider la vessie, ce qui peut entraîner une multiplication des bactéries dans les urines non évacuées. [14]

Certaines malformations des voies urinaires ou de la colonne vertébrale peuvent entraîner des infections urinaires à répétition. [15]

Symptômes possibles

Chez le nourrisson et le jeune enfant :

- fièvre ;
- frissons ;
- irritabilité ;
- troubles digestifs : vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, perte d’appétit ;
- stagnation de la courbe de poids ;
- altération de l’état général. [6,10,11,15]

Chez l’enfant plus âgé et l’adulte :

- sensation de brûlure lors de la miction ;
- besoin urgent et irrépressible d’uriner (urgenturie) ;
- envie d’uriner plus fréquente, en plus petite quantité (pollakiurie) ;
- miction involontaire (énurésie) même après être devenu propre ;
- fièvre ;
- frissons ;
- douleur dans le bas-ventre ou dans le bas du dos ;
- urine malodorante, trouble ou qui contient du sang (hématurie) ;
- difficultés à uriner (dysurie). [6,10,11,15]

Diagnostic

Le diagnostic d’infection urinaire repose sur la bandelette urinaire lors de la phase initiale de la prise en charge, sur l’examen cytobactériologique des urines (ECBU), voire une hémoculture ou une échographie des voies urinaires par voie sus-pubienne dans certains cas. [10]

Il est important de s’assurer d’un diagnostic précis : la Société canadienne de pédiatrie signalait en 2014 que « le surdiagnostic d’infection urinaire est courant [chez les nourrissons et les enfants], ce qui entraîne une surutilisation d’antibiotiques et des imageries inutiles. » [16]

Traitement

L’infection urinaire se traite avec des antibiotiques. [10-15]

Une hospitalisation peut s’avérer nécessaire dans certains cas, notamment en cas de pyélonéphrite et chez l’enfant de moins de 3 mois ; la prise d’antibiotique peut alors se faire par voie intraveineuse. [10]

En présence d’une rétention aiguë d’urines (impossibilité complète d’uriner), le drainage (écoulement) des urines est impératif, classiquement par un cathéter sus-pubien. [10]

Boire de l’eau plus qu’à l’habitude aide à la guérison : cela favorise l’élimination des bactéries par drainage. [11]

Certains médecins recommandent la circoncision en cas d’infection urinaire récurrente, mais le site spécialisé Circumcision Information and Resource Pages (CIRP) affirme qu’il n’existe aucune preuve médicale pour soutenir cette recommandation et explique :

« Les infections urinaires récurrentes sont associées à des anomalies congénitales des voies urinaires supérieures. McCracken recommande l’utilisation de la radiographie et/ou de l’échographie. De plus, une étude récente sur les souris indique que l’Escherichia Coli frangée en P, l’organisme responsable d’environ 85 % des infections urinaires, est capable de s’enfouir dans les tissus profonds de la vessie ou de former des gousses, échappant ainsi aux antibiotiques. Les infections récurrentes peuvent en fait être une récidive de l’infection initiale, plutôt qu’une nouvelle infection provenant des organes génitaux externes. Si l’E. Coli se comporte de la même manière chez l’homme, la circoncision ne serait d’aucune utilité pour prévenir la récurrence de ces infections. » [12, T.d.A]

Prévention

Chez l’enfant spécifiquement :

- ne pas décalotter ni nettoyer sous le prépuce, éviter le savon sur le pénis ainsi que les bains moussants ; un rinçage du pénis à l’eau claire et tiède suffit (voir partie 3) ;

- l’allaitement a un effet protecteur contre les infections et cet effet continue même après le sevrage ; [12,13]

- laisser l’enfant au contact de sa mère (rooming-in) permet la colonisation de la peau et des muqueuses du nourrisson par les bactéries de la mère. Le prépuce et les autres parties de la peau et des muqueuses du nourrisson doivent être spécifiquement mis en contact avec la peau de la mère pour transmettre sa flore et initier l’immunité naturelle de l’enfant ; [12,13]

- changer fréquemment la couche ; [15]

- lors de l’installation d’une couche, le Dr Beaugé préconise d’orienter le pénis vers le nombril plutôt que vers l’anus, pour éviter le contact avec les selles (voir partie 3).

Chez l’enfant et l’adulte :

- ne pas utiliser de savon ou de gel douche pour nettoyer le pénis, ou utiliser des produits avec un pH neutre ; de même, éviter les bains moussants (voir partie 3) ;

- boire suffisamment d’eau ; [6,11]

- ne pas se retenir en cas d’envie d’uriner (cela favorise la multiplication des bactéries) et bien vider sa vessie ; [6,11,15,17]

- après la selle, essuyer les fesses d’avant en arrière (à l’opposé du sexe) ; [6,11,15]

- éviter les matières synthétiques qui peuvent irriter la peau, favoriser la transpiration et donc la prolifération de microbes ; [6]

- lutter contre la constipation (la stagnation des selles au niveau du rectum favorise la prolifération des microbes), notamment grâce à un régime alimentaire riche en fibres végétales ; [6,11,15,17]

- en cas d’infections urinaires fréquentes, des antibiotiques peuvent être prescrits à titre préventif à faible dose (antibiothérapie prophylactique). [11]

Chez l’adulte spécifiquement :

- uriner immédiatement après un rapport sexuel pour drainer les bactéries ; [11]

- utiliser un préservatif avec tout-e nouveau/nouvelle partenaire sexuel-le. [11]

Pour les professionnels

Pour plus d’information, les professionnels de santé peuvent se référer au chapitre « Infections urinaires de l’enfant et de l’adulte » du Référentiel du Collège Français des Urologues, disponible sur le site de l’Association Française d’Urologie. [10]

Paraphimosis

Définition

Le paraphimosis se définit comme l’étranglement du gland par le prépuce rétracté qui ne peut pas revenir à sa position initiale. Il s’agit d’une urgence médicale. [5]

Cause

Un paraphimosis survient généralement à la suite de la mauvaise pratique du décalottage forcé. [5]

Symptômes

Gonflement des tissus, douleur. [18]

En cas extrême, interruption de la circulation sanguine (ischémie) du gland avec nécrose. [5]

Diagnostic

Examen visuel : le paraphimosis est effectif lorsque le prépuce ne peut plus être ramené sur le gland. [18]

Traitement

Dans la plupart des cas, un paraphimosis peut être traité à l’aide d’une technique manuelle : les pouces sont utilisés pour repousser le gland vers le corps, tandis que l’index et le majeur de chaque main amène le prépuce dans le sens opposé. [5]

technique manuelle pour reduire paraphimosis

Réduction manuelle d’un paraphimosis [19]

Les professionnels de santé peuvent se référer à cette vidéo explicative réalisée par The New England Journal of Medicine :

Voir la vidéo sur YouTube

Dans de rares cas où le paraphimosis ne peut pas être réduit manuellement, une incision est nécessaire et peut ensuite être suivi d’une plastie du prépuce. [5]

Prévention

Ne pas décalotter l’enfant ni faire pression sur lui pour qu’il se décalotte (voir partie 2).

Le docteur John Warren explique que « l’éducation sur le soin approprié du prépuce est le moyen le plus efficace de prévenir le paraphimosis. » [20]

Sténose préputiale (phimosis)

Définition

Rétrécissement de l’orifice préputial qui rend impossible toute rétraction du prépuce (voir partie 5).

> À ne pas confondre avec un prépuce non rétractable, normal chez l’enfant (voir partie 1).

Causes

Le décalottage forcé est la cause la plus fréquente de sténose préputiale. [2,21] Cette mauvaise pratique risque en effet de blesser le prépuce qui deviendra plus dur et moins élastique qu’à l’origine (voir partie 2).

Hors mauvaise pratique, une sténose prépuciale peut survenir suite à une rare maladie de peau (voir BXO/LSA).

Symptômes

Suite à un décalottage forcé : anneau cicatriciel fibreux, épais, peu ou pas extensible. [21]

En cas de BXO/LSA : anneau blanchâtre de peau sclérotique durcie à l’extrémité du prépuce. [22]

Diagnostic

Suite à un décalottage forcé : examen visuel.

En cas de suspicion de BXO/LSA : une biopsie est nécessaire pour confirmer le diagnostic. [7]

Traitement

Suite à un décalottage forcé : crème aux stéroïdes en première intention, préputioplastie en cas d’échec. [23]

En cas de BXO/LSA : voir plus haut.

Prévention

Ne pas décalotter l’enfant ni faire pression sur lui pour qu’il se décalotte (voir partie 2).

XXIe siècle : la circoncision plus jamais nécessaire médicalement chez l’enfant ?

Au tournant du XXIe siècle, de nombreuses études ont montré que des alternatives moins invasives et dommageables que la circoncision existent généralement en cas de troubles de la santé du pénis : des traitements médicamenteux tout d’abord et, en cas d’échec, des traitements chirurgicaux qui sauvegardent le prépuce. [5,22]

En 2015, le docteur Binet et son équipe ont publié une étude [23] dans laquelle ils présentent une nouvelle technique de préputioplastie comme alternative à la circoncision chez les enfants en cas de « phimosis résistant à un traitement médical premier ». Sur les 32 enfants au prépuce scléreux (moyenne d’âge 7,9 ans), cette nouvelle technique de préputioplastie s’est avérée efficace dans 100 % des cas. Les chercheurs soulignent également un résultat esthétique excellent chez tous leurs sujets.

Bien que plus de recherche soit nécessaire, de telles découvertes laissent penser que l’ablation radicale du prépuce ne serait plus jamais médicalement nécessaire chez l’enfant.

Attention aux traitements inutiles !

Des spécialistes ont critiqué l’usage trop répandu et erroné du diagnostic de « phimosis » chez l’enfant, ce qui entraîne des traitements inutiles, par exemple :

- plusieurs études ont testé l’efficacité de dermocorticoïdes sur des enfants au prépuce non rétractable, alors que leur pénis était sain. La non rétractabilité était due à un développement non achevé du pénis, pas à une pathologie ;

- de nombreux enfants au pénis sain subissent une chirurgie pouvant aller jusqu’à la circoncision. [5]

Ces erreurs sont rendues possibles par la confusion autour du mot « phimosis » (voir partie 5).

Troubles de la santé du pénis à l’âge adulte

Frein trop court

Le frein du pénis est parfois trop court, ce qui peut restreindre le mouvement du prépuce et occasionner une traction du gland vers le bas, perturbant ainsi l’activité sexuelle. [24]

Un frein trop court peut se traiter à l’aide d’une plastie du frein (frénuloplastie). [2,24]

Prépuce non rétractable

Chez l’homme pour qui le prépuce n’est pas devenu spontanément rétractable et qui en est gêné, plusieurs solutions existent.

> Dilatation manuelle du prépuce

Des exercices pour assouplir le prépuce peuvent être menés quotidiennement : voir par exemple les conseils de la doctoresse Catherine Solano. [25]

Le docteur Michel Beaugé a observé chez ses patients au prépuce non rétractable qu’ils avaient une pratique masturbatoire différente de celle qui consiste habituellement à ramener le prépuce vers la base du pénis. En leur conseillant de modifier leur pratique en ce sens, le docteur Beaugé a observé que l’orifice préputial s’élargissait et que le décalottage devenait possible en trois semaines maximum. [26]

> Dilatation du prépuce à l’aide d’un dispositif

Certaines sociétés ont conçu des dispositifs de dilatation du prépuce, comme Glansie, Novoglan, PhimoStop, ou encore Phimocure. Le site Phimosis ABC leur a consacré une page.

L’exemple de Phimostop - Voir la vidéo sur YouTube

Note : Droit au Corps ne fait la promotion d’aucun produit ou site commercial.

> application d’un dermocorticoïde [27]

> en dernier recours, préputioplastie

Contrairement à la circoncision, cette opération a pour avantage de conserver le prépuce et permet un rétablissement plus simple, plus rapide et moins douloureux. [5,27]

Circoncision et éthique médicale

Toute modification d’organe sexuel pratiquée sur un individu sans son consentement libre et éclairé, et sans nécessité médicale, est contraire à l’éthique médicale. Cela est d’autant plus vrai pour l’ablation du prépuce, la circoncision étant une intervention mutilante qui peut engendrer des souffrances lourdes, pour la vie entière.

De nos jours, l’essentiel des circoncisions est pratiqué à l’encontre de l’éthique médicale, soit parce qu’elles sont pratiquées à tort (absence de pathologie), soit parce qu’il existe des alternatives bien moins dommageables. En ce qui concerne les enfants, un taux de circoncision respectueux de l’éthique devrait être de l’ordre de 0 %.

En France, le code de déontologie médicale stipule :

Article 40 : Le médecin doit s’interdire, dans les investigations et interventions qu’il pratique comme dans les thérapeutiques qu’il prescrit, de faire courir au patient un risque injustifié. [28]

Article 41 : Aucune intervention mutilante ne peut être pratiquée sans motif médical très sérieux et, sauf urgence ou impossibilité, sans information de l’intéressé et sans son consentement. [29]

Le Comité d’éthique médicale de l’Association Médicale Britannique écrivait en 2004 :

« Les procédures inutilement invasives ne devraient pas être utilisées lorsque des techniques alternatives, moins invasives, sont tout aussi efficaces et disponibles. Il est important que les médecins se tiennent informés et s’assurent que toute décision d’entreprendre une intervention invasive est fondée sur les meilleures preuves disponibles. Par conséquent, circoncire pour des raisons thérapeutiques lorsque la recherche médicale a montré que d’autres techniques sont au moins aussi efficaces et moins invasives serait contraire à l’éthique et inapproprié. » [30, T.d.A.]

Même les organisations médicales issues de pays anglo-saxons, dans lesquels la circoncision néonatale s’est répandue au XXe siècle, ne recommandent plus cette pratique, à l’image de la Société canadienne de pédiatrie, [31] du Collège royal australasien des médecins, [32] de l’Association médicale britannique [33] et même de l’Académie américaine de pédiatrie. [34]

Le docteur Christian Castagnola, vice-président de l’Association française d’urologie (AFU) et responsable du Comité d’Éthique et de Déontologie de l’AFU, résumait en 2014 :

« En raison principalement de l’absence de bénéfice médical et du risque de complications de cette chirurgie, des problèmes éthiques soulevés par la circoncision et en particulier de l’absence de consentement de l’enfant, aucune société savante ne recommande la circoncision systématique en prophylaxie. […] Seule l’[Académie américaine de pédiatrie] en août 2012 statue que “les avantages de la circoncision des nouveaux nés l’emportent sur les risques de la procédure. Mais que ces bénéfices ne sont pas assez importants pour recommander la circoncision en routine de tous les nouveaux nés mâles. Elle laisse la décision aux parents et recommande une prise en charge par les assurances afin de faciliter l’accès de cette chirurgie aux familles qui le désirent.” Cette décision a été largement critiquée par la communauté scientifique. » [35, lien ajouté par DaC]

La critique principale adressée au document intitulé Circumcision Policy Statement publié en 2012 par l’Académie américaine de pédiatrie est due à un groupe de 38 médecins issus de 16 pays européens et du Canada, dont des représentants de plusieurs associations médicales nationales. Dans cette critique, ils pointent les biais culturels des pédiatres américains au sujet de la circoncision. [36]

Signe du malaise entraîné par cette nouvelle politique, le docteur Alexandre Rotta a quitté l’Académie américaine de pédiatrie, dont il était membre depuis 24 ans, et a témoigné publiquement.

Dr Alexandre Rotta - Voir la vidéo sur YouTube

Au début du XXIe siècle, de nombreuses organisations de santé ont pris position contre la circoncision d’enfants pratiquée sans raison médicale, telles que l’Association Médicale Royale Néerlandaise, [37] l’Association Allemande de Pédiatrie, [38] la Société Danoise de Médecine Générale, [39] l’Association Médicale Danoise, [39] la Société Suédoise de Pédiatrie, [40] le comité d’éthique de l’Association Médicale Suédoise [41] ou encore l’Association Nordique de Sexologie Clinique. [42]

Ainsi, l’Association Médicale Danoise déclarait en 2016 :

« La circoncision de garçons sans indication médicale est éthiquement inacceptable lorsque l’intervention est pratiquée sans le consentement éclairé de la personne qui subit l’opération. Par conséquent, la circoncision ne devrait pas être pratiquée avant que le garçon n’ait 18 ans et ne puisse décider s’il s’agit d’une opération qu’il souhaite. » [43, T.d.A.]

Dans cette conférence, le docteur Canadien Christopher Guest explique que la circoncision non nécessaire médicalement et non consentie viole des principes fondamentaux de l’éthique médicale tels que le primum non nocere (d’abord, ne pas nuire), l’autonomie et la proportionnalité (à partir de 1:10:30) :

Dr Christopher Guest - Voir la vidéo sur YouTube

En 2013, les médiateurs des enfants des pays nordiques ainsi que des représentants d’associations professionnelles de pédiatrie et de chirurgie pédiatrique signent une résolution qui dénonce la circoncision pratiquée sans raison médicale sur un enfant incapable de donner un consentement libre et éclairé. Ils demandent à leurs gouvernements respectifs de prendre les mesures nécessaires pour que les jeunes garçons puissent plus tard choisir par eux-mêmes s’ils veulent être circoncis ou non. [44]

Voici un entretien vidéo avec le docteur Anne Lindboe, pédiatre et médiatrice des enfants en Norvège, réalisé un an auparavant :

Dr Anne Lindboe - Voir la vidéo sur YouTube

En France, dans le cadre de la 106ème édition du congrès de l’Association Française d’Urologie (AFU) qui s’est tenu en 2012, le comité d’éthique et de déontologie de l’AFU a tenu une table ronde intitulée « Ethique professionnelle et circoncision rituelle », pratique qualifiée de « dilemme moral pour les praticiens ». [45]

Appel au débat public

En Belgique, suite à l’avis du Comité consultatif de Bioéthique relatif « aux aspects éthiques de la circoncision non médicale chez le garçon mineur » publié en 2017, Droit au Corps lui adresse une lettre ouverte qui conclut :

Notre recommandation principale est « l’ouverture d’un débat public sur “les conditions du consentement à la circoncision” qui permette de dégager un consensus entre toutes les parties, point d’équilibre susceptible d’alléger un maximum de souffrances. »

La circoncision blesse aussi les professionnels de santé

Les professionnels de santé peuvent être négativement impactés par la circoncision sans raison médicale, que ce soient eux qui la pratiquent ou qu’ils en soient témoin.

Certains médecins, notamment lorsqu’ils sont encore en formation, peuvent se sentir obligés de participer à une telle opération ou ne pas réaliser immédiatement tous les tenants et aboutissants que cela implique.

Le docteur Schwartzman témoigne :

« J’ai eu l’occasion [de faire une circoncision]. C’était une obligation au cours de l’apprentissage des différentes spécialités et de la formation. J’en ai fait une et c’était horrible. Je me suis senti très mal, le bébé a souffert terriblement et ce fut la dernière que j’ai jamais faite. » [46, T.d.A.]

Le docteur Fleiss décrit son expérience ainsi :

« J’ai fait des centaines de circoncisions […]. Pendant que je circoncisais un enfant, je me concentrais sur l’opération et non pas sur l’enfant. J’étais inattentif aux cris agonisants provenant de l’enfant parce que j’avais appris à l’école de médecine que l’enfant ne peut pas sentir la douleur, et s’il la sent, il ne s’en rappellera pas […]. Un jour, pendant que je circoncisais un bébé, ses cris se sont soudainement enregistrés dans mon cerveau. Et depuis ce jour-là, je n’ai plus circoncis de bébés. J’avais compris qu’en tant que pédiatre, j’étais lié par le devoir d’être un avocat et un protecteur des bébés et des enfants. Circoncire un enfant est une trahison du code éthique du médecin. » [47, traduction]

Le docteur George Denniston raconte :

« I look back on the only time I have ever performed any circumcisions with regret and resentment. I resent having had no opportunity to study circumcision in medical school or to consider whether I thought it a treatment for anything. I resent the resident commanding me to do it, while offering no further guidance or help. In fact, I was treated just as the medical profession treats innocent new parents today. Doctors tell them a circumcision needs to be done. Before the new parent has time to consider, it is all over. Then it is too late to say no, and everyone has to live with the consequences. I was a medical student, so a lot of the responsibility was mine. I clearly violated, all in one instant, the Golden Rule (I certainly would not have wanted that done to me), the major tenet of medical practice, First, Do No Harm, and all seven principles of the American Medical Association’s Code of Ethics. Mind you, I did not realize it then, just as unwary medical students do not realize it today. Now I know there are no valid medical indications for routine neonatal circumcision. I realize much harm can be done, evidenced by the thousands of men who have written their testimony and who have told me personally of the harm done to them. Now I also realize that I violated my patient’s basic human right to enjoy his entire body intact, while all he could do was scream his tiny head off. That was some years ago, but it might just as well have been last year. » [48, en cours de traduction]

Son expérience malheureuse a amené le docteur Denniston à créer l’association Doctors Opposing Circumcision (Docteurs Opposés à la Circoncision), en 1995.

Dr George Denniston - Voir la vidéo sur YouTube

Dans cette vidéo, la doctoresse Michelle Storms explique qu’avoir pratiqué des circoncisions l’a négativement affectée et que c’est encore un problème pour elle des années après :

Dr Michelle Storms - Voir la vidéo sur YouTube

Certains professionnels de santé invoquent la clause de conscience en matière de circoncision : ils refusent de réaliser ou de participer à une opération si celle-ci n’est pas médicalement justifiée et si le patient ne peut y consentir. [49] Un exemple historique est celui d’infirmières américaines qui ont fondé l’association Nurses for the Rights of the Child (Infirmières pour les droits de l’enfant), dont le professeur Sami Aldeeb raconte la genèse :

« L’histoire de cette organisation a commencé en octobre 1986, lorsque quatre infirmières […] ont décidé de ne plus participer à des circoncisions d’enfants. Elles ont informé la direction de leur décision, mais la direction a jugé qu’elles n’avaient pas de raisons de refuser leur participation.

Après quatre ans, ces infirmières ont estimé qu’elles n’avaient pas à demander l’autorisation pour prendre une position morale. Vingt autres infirmières se sont jointes à elles. Trois de ces infirmières sont de religion juive. En octobre 1992, elles se sont déclarées objecteuses de conscience à la circoncision. En septembre 1993, le responsable des infirmières leur a interdit de donner des informations aux parents contre la circoncision masculine sans l’autorisation du médecin. En avril 1994, il les a sommées de participer aux circoncisions, mais elles ont persisté dans leur refus. Ceci a conduit à une détérioration du climat au sein de l’hôpital et il a fallu recourir à un arbitrage pour résoudre le problème.

Après de long mois de tractations un accord a été trouvé en janvier 1995, consigné dans un document intitulé Mémorandum d’entente concernant la procédure de circoncision. Dans ce document, l’administration accepte que les infirmières objecteuses de conscience soient libérées de leur devoir de participer à la circoncision, y compris les préparatifs qui la précèdent et les soins qui la suivent. Il suffit pour cela que l’infirmière adresse une lettre au responsable des infirmières signifiant sa qualité d’objecteuse.

En juin 1995, deux infirmières, Mary Conant et Betty Katz Sperlich (une juive) ont convoqué une conférence de presse dans laquelle elles ont annoncé la fondation de leur association. Elles ont commencé alors une campagne pour l’introduction de l’anesthésie afin de soulager la douleur de l’enfant, tout en considérant cela comme une étape vers l’abolition totale de la circoncision. Cette association informe les parents juifs qu’il existe une circoncision non sanglante et donne les adresses des groupes qui peuvent les aider.
Comme conséquence de l’effort de ces infirmières, le taux de circoncision dans l’hôpital où elles travaillent est tombé de 20 à 6%. » [50, lien ajouté par DaC]

En 2019, un chirurgien pédiatre français confie à Droit au Corps :

« Nous sommes nombreux dans la profession à penser que la circoncision pratiquée sans motif médical très sérieux est éthiquement inacceptable et c’est pourquoi beaucoup d’entre-nous refusent d’en faire. Certains continuent néanmoins parce qu’ils redoutent que cela se fasse dans de mauvaises conditions. » [51]

Que faire si mon fils a été circoncis ?

Droit au Corps reçoit fréquemment des messages de parents désemparés après que leur fils ait subi une circoncision.

Pour les aider, une page spéciale est mise en place : à venir début novembre 2019

Résumé

Au XXe siècle, il était courant pour les médecins de recommander trop facilement la circoncision, dans un contexte où le prépuce était déconsidéré et son ablation banalisée.

Au XXIe siècle, il ne peut plus être ignoré que la circoncision peut engendrer des souffrances lourdes, pour la vie entière. L’option radicale qu’est l’ablation du prépuce doit être considérée seulement en ultime recours. Une gamme de traitements bien moins invasifs, dommageables et coûteux doit être considérée en première intention.

Les mauvaises pratiques sont à l’origine de biens des troubles de la santé du pénis. En particulier, le décalottage par un tiers peut provoquer des infections voire endommager le prépuce au point de rendre une chirurgie nécessaire.

La science a révélé que la circoncision n’était médicalement nécessaire pour l’enfant que dans l’unique cas d’une rare maladie de peau (BXO/LSA) et seulement si les traitements plus légers avaient échoué, mais la découverte de nouveaux traitements, comme une technique de préputioplastie présentée par des chercheurs français en 2015, laisse penser que la circoncision ne serait plus jamais médicalement nécessaire chez l’enfant.

L’ablation du prépuce réalisée sans raison médicale sur un patient incapable de donner un consentement libre et éclairé est contraire à l’éthique médicale. Les professionnels de santé doivent refuser de participer à de telles opérations, lesquelles peuvent aussi les impacter négativement.

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Dans la partie suivante, nous montrons comment une telle faille de santé publique a pu advenir, ce qu’est la situation actuelle et quelles sont les perspectives.

Références

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