Dans une vidéo publiée le 14 février 2026 sur ses réseaux sociaux, la sexothérapeute Margot Fried-Filliozat prend position contre la circoncision infantile. Elle dénonce la suppression d’un tissu sain et fonctionnel, souligne l’impact sur la sexualité future et répond à plusieurs idées reçues.
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« La circoncision, c’est une mutilation génitale », commence Margot Fried-Filliozat. « On enlève quelque chose de parfaitement fonctionnel, naturel et normal », explique-t-elle en faisant référence au prépuce. « C’est un tissu protecteur, souple, riche en terminaisons nerveuses. Il protège le gland, évite qu’il se kératinise, et participe activement au plaisir. Quand on le retire, on modifie la mécanique naturelle des sensations », peut-on lire dans la description de la vidéo.
La sexothérapeute répond également à l’idée reçue qu’un pénis circoncis serait plus hygiénique. « En réalité, un sexe non circoncis, lavé correctement, est parfaitement sain. L’hygiène dépend des habitudes, pas de l’absence de prépuce », précise-t-elle en description. Elle en profite pour mentionner l’origine de la circoncision aux États-Unis, liée historiquement à la lutte contre la masturbation, donnant l’exemple du sinistre Dr Kellogg, figure de ce courant à la fin du XIXᵉ siècle.
Margot Fried-Filliozat fait également un rappel important : « la circoncision ne remplace jamais la protection. Le préservatif reste la seule protection efficace contre les infections sexuellement transmissibles. » En effet, les études ont montré que l’ablation du prépuce diminue le risque de transmission de certaines IST comme le VIH (moins de portes d’entrées pour le virus), mais ne protège pas (il reste des portes d’entrées sur le gland et l’urètre). À long terme, on retrouve autant d’hommes infectés chez les circoncis que chez les non-circoncis. Circoncis ou non, le préservatif reste donc indispensable pour se protéger et permet en outre de protéger son/sa partenaire.
« Arrêtons de mutiler les petits garçons ! », conclut la sexothérapeute dans sa vidéo. En description, elle interroge : « pourquoi retirer une structure protectrice et sensorielle quand elle est en bonne santé ? » Sur le plan éthique, on ne peut pas opérer quelqu’un qui n’est pas en mesure de donner son consentement, sauf en cas de nécessité médicale.
Cette nouvelle voix s’ajoute à celle d’autres professionnels de la sexologie en France, parmi lesquels l’équipe de Sexoblogue, qui a pris soin de faire apparaître le prépuce sur le pénis 3D, un outil pédagogique apparu en 2024, et la sexologue Maylis Boullanger, que nous avons rencontrée l’année dernière et qui s’est intéressée aux conséquences de la circoncision. Au niveau européen, l’Association Nordique de Sexologie Clinique s’était positionnée, dès 2013, contre la circoncision non thérapeutique des garçons.
Rappelons enfin que Margot Fried-Filliozat et sa mère, la psychotérapeute Isabelle Filliozat, figurent dans notre Observatoire de la santé du pénis en tant qu’exemple à suivre, pour avoir consacré une page bien renseignée sur le prépuce dans leur livre Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, publié en 2020.
