Droit au Corps met le prépuce à l’honneur aux JF3S 2022

Du 8 au 10 septembre 2022 avaient lieu les Journées Francophones de Sexologie et de Santé Sexuelle (JF3S), à Montpellier. Comme presque chaque année depuis 2018, notre association y tenait un stand d’informations.

Site officiel de l’événement : jf3sexo.fr

Pour cette édition 2022, nous avons centré notre communication sur les bienfaits du prépuce, l’idée étant d’envoyer un message positif sur cette partie du pénis méconnue, voire taboue. Une fois que l’on a compris l’utilité du prépuce, il est plus simple de prendre conscience des souffrances qui peuvent résulter d’une circoncision.

Afin de positiver le prépuce, nous avons développé un nouveau visuel à l’allure sympathique, accompagné du slogan « le prépuce que du + » (photo ci-dessous). Sur le fond, nous avons profité de l’été pour réécrire totalement notre article Le prépuce, qu’est-ce que c’est au juste ? et l’avons adapté sous forme de livret.

On cherche encore un nom à ce qui pourrait bien devenir notre mascotte. Certains l’appellent « préplus » !
Les réactions sont globalement positives : les personnes le trouvent « sympa », « mignon », « rigolo », ce qui est bien l’effet recherché.

Les participants ayant croisé notre stand, des sexologues pour la plupart, mais aussi des médecins, gynécologues, psychologues, urologues, sages-femmes et infirmiers, se sont montrés très intéressés par nos informations, en particulier le rôle sensoriel et mécanique du prépuce et son rôle positif dans la sexualité des partenaires. Beaucoup étaient surpris d’apprendre autant de choses et ont admis qu’ils n’étaient pas du tout informés sur le prépuce lors de leurs études. D’ailleurs, aucune personne n’a réussi à faire un sans faute au petit quizz créé pour l’occasion (résultats). Nombreux sont les sexologues à nous avoir dit qu’ils demanderont désormais à leurs patients s’ils sont circoncis. Nous leur avons demandé de nous tenir informés des solutions qu’ils trouveront avec leurs patients ayant des difficultés dans leur sexualité en lien avec la circoncision.

Quelques réactions sur notre stand :

  • une femme intervenant auprès de collégiens pour l’éducation sexuelle nous rapporte que les garçons l’interrogent souvent pour savoir si la circoncision a un impact sur la sensibilité du pénis (les collégiens en question sont issus de familles musulmanes et très certainement circoncis) ;
  • une femme venue la veille revient sur notre stand et nous informe qu’elle a diffusé nos informations sur le prépuce à ses amies, que ça a eu un effet retentissant et qu’elles ont « trinqué à la santé du prépuce » ;
  • après avoir reçu nos informations, une femme déclare : « Je comprends maintenant pourquoi j’ai des sécheresses vaginales avec mon nouveau compagnon qui est circoncis, j’avais bien senti que ça n’était pas pareil avec lui qu’avec les autres » ;
  • après avoir reçu nos informations, une sexologue qui mène une étude sur la sexualité nous dit qu’elle va inclure la question de la circoncision ;
  • vu hors de notre stand : 1 femme explique à ses collègues le fonctionnement du prépuce avec un prépuce en tissu remis par nous ;
  • aucun urologue rencontré ne savait ce qu’est la bande striée.
Le stand de Droit au Corps avec Sophie, co-trésorière de l’association

Malheureusement, comme à chaque événement, des participants nous ont témoigné de leur traumatisme suite à un décalottage forcé subi durant l’enfance, de même que des parents nous ont témoigné de cette mauvaise pratique réalisée sur leur fils par le médecin, voire par eux-mêmes sur conseil du médecin. Nous avons ainsi diffusé une part non négligeable d’informations sur la santé du pénis.

Quelques réactions sur notre stand :

  • « mon bébé de 18 mois a été décalotté par mon médecin la semaine dernière », nous dit une femme très soulagée de nous rencontrer ;
  • une femme nous dit qu’elle décalotte quotidiennement son bébé de 2 ans avec une pommade sur les conseils de son médecin, son fils lui dit « stop bobo » quand elle le fait, elle est très soulagée par nos informations et prend un dépliant pour elle et un pour son médecin ;
  • un médecin nous dit être convaincu de l’utilité du décalottage dès le plus jeune âge et dit faire en sorte qu’à 5 ans, tous ses petits patients soient décalottables : il n’est pas réceptif à nos arguments pourtant basés sur la science, à savoir qu’un prépuce non rétractable est la condition la plus fréquente avant l’adolescence ;
  • « je me souviens avoir été immobilisé par le médecin vers 6-8 ans et décalotté de force, j’ai hurlé de douleur », nous raconte un homme ;
  • « j’ai été victime de décalottages forcés étant enfant, c’est un traumatisme, d’ailleurs je pense que je ne suis pas devenu psy par hasard ; c’est trop tard pour moi, mais vous aidez la prochaine génération », nous dit un psychiatre ;
  • une sage-femme témoigne que son premier garçon a été décalotté de force par son médecin ;
  • une femme nous dit qu’elle a eu 4 garçons, tous circoncis pour cause de « phimosis » ;
  • « c’est un massacre », nous dit une médecin en parlant du décalottage forcé et de la circoncision ;
  • un urologue qualifie le décalottage forcé et la circoncision de « traumatismes » ;
  • une femme nous raconte que ses jumeaux ont été opéré à 3 ans pour un testicule qui n’était pas descendu : le chirurgien l’informe après l’opération qu’il en a profité pour les circoncire parce que « c’est mieux comme ça ».
Nos supports de communication et ceux de nos partenaires sont à télécharger sur cette page.

Un tel événement est aussi l’occasion d’établir le contact avec des professionnels de santé et ce fut le cas une fois de plus : une trentaine d’entre eux nous ont laissé leurs coordonnées pour être contactés ultérieurement dans le cadre du développement de notre réseau santé.

À noter que nous avons distribué près de 600 supports de communication durant ces 3 jours, avec environ :

Notre nouveau visuel « préplus » a été produit sous forme de badges et t-shirts portés par l’équipe de Droit au Corps sur place.
Nous en avons également vendu quelques-uns et considérons l’idée d’ouvrir une boutique en ligne pour nous autofinancer.

D’un point de économique, cet événement a représenté pour notre association un coût d’environ 1400 euros entre le stand, la production des supports de communication, l’hébergement et le transport. Pour rappel, c’est grâce aux dons de nos sympathisants et à nos bénévoles que nous pouvons mettre en œuvre de telles actions : un grand merci à toutes ces personnes !

Enfin, Droit au Corps remercie les organisateurs de l’événement pour leur confiance renouvelée ; nous espérons être de retour avec de nouveaux contenus pour les JF3S 2023.

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