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Le prépuce, qu’est-ce que c’est au juste ?

Le prépuce, qu’est-ce que c’est au juste ?

Le prépuce est une partie normale, saine et fonctionnelle du sexe masculin comme du sexe féminin, que l’on retrouve chez tous les mammifères.

Il s’agit d’une structure complexe qui possède de multiples fonctions anatomiques et physiologiques.

Dans cet article, nous traiterons du prépuce masculin, qui se voit définitivement perdu lors de la circoncision.

Sommaire :

  1. Le prépuce humain en photos
  2. Description générale
  3. Taille du prépuce
  4. Fonctions protectrices et immunologiques
  5. Fonctions sensorielles
  6. Fonctions sexuelles et mécaniques
  7. Développement naturel du prépuce
  8. Notes et références

Le prépuce humain en photos

Chez l’homme

Pénis avec prépuce qui recouvre le gland et rétracté

Photo d’un pénis à l’état de flaccidité : à gauche, le prépuce recouvre le gland ; à droite, il est rétracté.

Chez la femme

Prépuce clitoridien ou capuchon du clitoris

Photo d’une vulve : avec le clitoris caché par le prépuce et les plis des petites lèvres (en 1), et avec le prépuce rétracté laissant apparaître le gland du clitoris (en 2).

Description générale

Le prépuce est un tissu spécialisé composé de peau, de muqueuse, de nerfs, de vaisseaux sanguins et de fibres musculaires. [1]

Il est construit d’une double couche : la couche extérieure est de la peau tandis que la couche intérieure est de la muqueuse (comme l’intérieur des paupières ou de la bouche).

Après qu’il se soit séparé du gland, généralement vers la puberté, le décalottage est possible et le prépuce peut alors glisser de haut en bas le long de la verge, sur plusieurs centimètres : c’est ce qu’on appelle l’action de glissement (gliding action en anglais). [2,3]

Pénis au repos et en érection avec décalottage

Le prépuce recouvre normalement le gland lorsque le pénis est au repos et, en général, se rétracte naturellement lors de l’érection.

Un frein, ou frenulum, se trouve sur la partie inférieure du pénis. Un frein est une fine languette de tissus qui limite les mouvements d’un organe mobile du corps (il y en a également un sous la langue).

Le frein du pénis relie le gland au prépuce et permet de ramener ce dernier à sa position normale de protection du gland. [1] La plupart des hommes rapportent que le frein est un tissu hautement érogène.

Bien que la circoncision consiste en l’ablation du prépuce, certains hommes circoncis ont aussi perdu tout ou partie du frein : il s’agit d’une des nombreuses complications possibles de l’opération.

Frein (ou frenulum) d'un pénis intact.

Frein d’un pénis intact.

Taille du prépuce

Le prépuce représente une surface importante de la peau du pénis puisqu’il mesure approximativement 80 cm² en moyenne chez l’adulte (McGrath).

Voyons cela en image pour mieux visualiser :

Pénis intact

Illustration d’un pénis intact chez l’adulte. La quasi-totalité du gland est ici recouverte par le prépuce. On aperçoit le bout du gland à l’extrémité.

Cette vue de dessous du pénis illustre le prépuce en train d’être coupé :

Pénis circoncis

Il faut calculer la longueur du prépuce de sa base (marquée par la ligne circulaire) à son extrémité (prenons 4 cm pour exemple) ainsi que sa circonférence (prenons 10 cm pour exemple).

Peau coupée lors de la circoncision

Comme nous l’avons vu plus haut, le prépuce est constitué de 2 couches : peau d’un côté, muqueuse de l’autre.

Peau du prépuce mise à plat

Une fois mis à plat, le prépuce moyen chez l’adulte mesure environ 80 cm² (4 x 2 x 10 cm).

Les recherches du Docteur Taylor indiquent qu’après avoir été circoncis durant l’enfance, l’homme circoncis moyen a perdu environ 50 % de la peau de son pénis. [4]

Fonctions protectrices et immunologiques

Le prépuce recouvre et protège le gland ainsi que le méat urinaire. Chez la plupart des hommes, le prépuce protège l’environnement stérile des voies urinaires durant l’enfance et maintient l’humidité de la muqueuse du gland tout au long de la vie (par définition, une muqueuse doit rester humide et lubrifiée). [5]

Le prépuce possède aussi des fonctions immunologiques qui aident à protéger le corps des agents pathogènes [6] :

  • la contraction du sphincter de l’orifice préputial fonctionne comme un clapet de non-retour : permettant à l’urine de s’écouler, mais empêchant l’entrée de contaminants infectieux ;
  • la glande apocrine du prépuce interne sécrète du lysozyme, une enzyme qui détruit la paroi bactérienne et agit également contre le VIH ; [7]
  • l’humidité sous préputiale lubrifie et protège la muqueuse du gland, zone érogène très sensible ;
  • la haute vascularité apporte des phagocytes permettant de combattre les infections.

L’épiderme du prépuce contient des cellules de Langerhans qui sécrètent des cytokines, [1] molécules qui régulent l’intensité et la durée de la réponse immunitaire.

Une étude de 2007 signale que les cellules de Langerhans produisent de la langerin, une substance qui constitue une barrière contre l’infection au VIH. [8]

Fonctions sensorielles

Le prépuce du nouveau-né masculin est considérablement innervé. [10,11]

Le prépuce de l’homme adulte est encore plus innervé. Winkelmann (1959) a décrit le prépuce comme une zone érogène spécifique avec des nerfs disposés près de la surface dans les couches épineuses de l’épiderme. [12]

Taylor et al. (1996) ont également décrit une concentration de terminaisons nerveuses dans un anneau de tissu strié juste à l’intérieur de la pointe du prépuce, qu’ils ont appelé la bande striée (ridged band en anglais). [4]

Les terminaisons nerveuses de la bande striée sont appelées corpuscules de Meissner, récepteurs sensoriels particulièrement sensibles au toucher léger.

Bande striée du prépuce

La bande striée est une structure unique du corps humain.

Le prépuce a été observé comme étant une partie sensible, sensorielle et érogène. [10,12,13]

En 2007, une étude dont l’objet était de mesurer la différence de sensibilité entre pénis circoncis et pénis intact a montré que les zones les plus sensibles du pénis sont situées sur le prépuce [14] :

Etude de Sorrells sur la sensibilité du prépuce 2007

Voir l’interview du docteur Sorrells (directeur de l’étude).

Fonctions sexuelles et mécaniques

Le prépuce est un tissu érogène nécessaire pour une fonction sexuelle normale. [1]

Au cours de la vie adulte, l’action de glissement (gliding action) du prépuce facilite la pénétration [3] et réduit les frictions et frottements durant le coït. [15]

Le mouvement et l’étirement du prépuce durant le coït stimulent les terminaisons nerveuses de celui-ci, procurant des sensations érogènes menant à l’éjaculation. [16,17]

La présence du prépuce tend à protéger la couronne du gland des stimulations directes, aide à prévenir l’éjaculation précoce [18,19] et contribue à la satisfaction du partenaire sexuel féminin. [19]

Action de glissement durant la pénétration vaginale

Action de glissement illustrée durant le coït.

Lorsque le pénis pénètre dans le vagin, le prépuce est repoussé ; lorsqu’il en ressort, le prépuce revient couvrir le gland. De cette façon, le prépuce stimule à la fois l’homme et la femme.

Informations complémentaires : les conséquences de la circoncision sur la sexualité.

Le Professeur Kenneth McGrath nous parle de l’anatomie du prépuce :

Lien vers l’article associé : Le prépuce est « l’unité sensorielle principale du pénis »

Développement naturel du prépuce

La grande majorité des nouveau-nés de sexe masculin naissent avec la surface intérieure du prépuce fixée physiologiquement au gland. [1]

De plus, à la naissance, l’extrémité du prépuce est généralement trop étroite pour permettre une rétraction, c’est-à-dire le décalottage. La durée de cette condition varie selon les individus, mais peut durer jusqu’à l’achèvement de la puberté ou même après.

Pour ces deux raisons, la non-rétractibilité du prépuce pendant l’enfance et l’adolescence ne peut être considérée comme anormale ou comme le signe d’une pathologie nécessitant une intervention médicale.

Dans ce cas, forcer le décalottage serait inutile et nuisible à l’enfant.

Pénis d'enfant intact

Sexe du petit garçon : le prépuce est fixé physiologiquement au gland.

Pourquoi des médecins ignorent-ils ces faits ?

Les premières informations sur le développement de la rétractabilité du prépuce ont été fournies en 1949 par le pédiatre britannique Douglas Gairdner. [20]

Gairdner indique que 80 % des garçons ont un prépuce rétractable à l’âge de 2 ans, et 90 % à l’âge de 3 ans.

Plusieurs autres recherches ont démontré que les chiffres avancés par Gairdner sont inexacts [21-23], mais ils ont malheureusement été repris dans la littérature médicale et enseignés à beaucoup de professionnels de la santé [22,23], contribuant ainsi à des diagnostics incorrects de phimosis pathologique chez des enfants ayant un prépuce non rétractable, là où il s’agissait en fait de phimosis physiologique : état naturel ne nécessitant donc pas de traitement.

De fait, la rétraction du prépuce, appelée aussi décalottage, se produit généralement bien plus tard que ce qui était cru autrefois [1,22,23] : environ 44 % des garçons ont un prépuce pleinement rétractable entre 10 et 11 ans [1,24-27] et environ 95 % ont un prépuce pleinement rétractable à l’âge de 18 ans. [1,25]

Un prépuce non rétractable est la condition la plus commune jusqu’à l’âge de 10-11 ans.

Une étude datée de 2005 rapporte que l’âge moyen de la première rétraction du prépuce est de 10,4 ans. [27]

Le fait que le prépuce reste non rétractable durant l’enfance et l’adolescence ne doit pas être considéré comme le signe d’une maladie et donner lieu à la prescription d’un traitement médical ou à une intervention chirurgicale.

Le gonflement du prépuce qui peut survenir durant l’enfance lors de la miction (=action d’uriner) est inoffensif et se résout de lui-même. Il ne cause pas d’obstruction des voies urinaires [28] et disparaît au cours de la croissance. Aucun traitement n’est requis. [29]

Notes et références

Article en partie modelé sur celui de Doctors Opposing Circumcision.

1. Cold CJ, Taylor JR. The prepuce. BJU Int 1999;83 Suppl. 1:34–44.

2. Lakshmanan S., Prakash S. Human prepuce: some aspects of structure and function. Indian J Surg 1980;44:134–7.

3. Warren J, Bigelow J. The case against circumcision. Br J Sex Med 1994;21:6–8.

4. Taylor JR, Lockwood AP, Taylor AJ. The prepuce: specialized mucosa of the penis and its loss to circumcision. Br J Urol 1996;77:291-5.

5. Parkash S, Raghuram R, Venkatesan, et al. Sub-preputial wetness – Its nature. Ann Nat Med Sci (India) 1982;18(3):109–12.

6. Fleiss P, Hodges F, Van Howe RS. Immunological functions of the human prepuce. Sex Trans Inf 1998;74(5):364–7.

7. Lee-Huang S, Huang PL, Sun Y, et al. Lysozyme and RNases as anti-HIV components in beta-core preparations of human chorionic gonadotropin. Proc Natl Acad Sci U S A 1999;96(6):2678–81.

8. de Witte L, Nabatov A, Pion M, et al. Langerin is a natural barrier to HIV-1 transmission by Langerhans cells. Nat Med 2007;13:367–371.

9. Déclaration des pédiatres allemands, 2012 : lire ici.

10. Winkelmann RK. The cutaneous innervation of human newborn prepuce. J Invest Dermatol 1956 26(1):53–67.

11. Moldwin RM, Valderrama E. Immunochemical analysis of nerve distribution patterns within prepucial tissue. J Urol 1989;141(4) Part 2:499A.

12. Winkelmann RK. The erogenous zones: their nerve supply and significance. Mayo Clin Proc 1959;34(2):39–47.

13. Falliers CJ. Circumcision (letter). JAMA 1970;214(12):2194.

14. Sorrells ML, Snyder JL, Reiss MD, et al. Fine-touch pressure thresholds in the adult penis. BJU Int 2007;99:864–9.

15. Jefferson G. The peripenic muscle; some observations on the anatomy of phimosis. Surg Gynecol Obstet (Chicago) 1916;23(2):177–81.

16. Taylor JR. Letter. Can Fam Physician 2003;49:1592.

17. Taylor JR. Fine touch pressure thresholds in the adult penis (letter). BJU Int 2007;100(1):218.

18. Zwang G. Functional and erotic consequences of sexual mutilations. In: Denniston GC and Milos MF, eds. Sexual Mutilations: A Human Tragedy New York and London: Plenum Press, 1997.

19. O’Hara K, O’Hara J. The effect of male circumcision on the sexual enjoyment of the female partner. BJU Int 1999;83 Suppl 1:79–84.

20. Gairdner D. The fate of the foreskin: a study of circumcision. Br Med J 1949;2:1433–7.

21. Wright JE. Further to the « Further Fate of the Foreskin. » Med J Aust 1994; 160: 134–5.

22. Hill G. Circumcision for phimosis and other medical indications in Western Australian boys. Med J Aust 2003;178(11):587.

23. Hill G. Triple incision plasty to treat phimosis: an alternative to circumcision BJU Int 2004;93:636.

24. Øster J. Further fate of the foreskin: incidence of preputial adhesions, phimosis, and smegma among Danish schoolboys. Arch Dis Child 1968;43:200–3.

25. Kayaba H, Tamura H, Kitajima S, et al. Analysis of shape and retractability of the prepuce in 603 Japanese boys. J Urol 1996;156(5):1813–5.

26. Morales Concepción JC, Cordies Jackson E, Guerra Rodriguez M, et al. ¿Debe realizarse circuncisión en la infancia? Arch Esp Urol 2002;55(7):807–11.

27. Thorvaldsen MA, Meyhoff H. Patologisk eller fysiologisk fimose? Ugeskr Læger 2005;167(17):1858–62.

28. Babu R, Harrison SK, Hutton KA. Ballooning of the foreskin and physiological phimosis: is there any objective evidence of obstructed voiding? BJU Int 2004;94(3):384–7.

29. Simpson ET, Barraclough P. The management of the paediatric foreskin. Aust Fam Physician 1998;27(5):381–3.

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